‹ Correspondance de J. JoubertChapitre 5 sur 142 · DE M. 3. JOUBERT. III · texte numérisé non relu

DE M. 3. JOUBERT. III

a vous distrait. Je vous exhorte à écrire tous les soirs, «en rentrant, les méditations de votre journée. Vous « choisirez, au bout de quelque temps, dans ces fan- « taisies de votre pensée, et vous serez surpris d'avoir « fait, presque à votre insu, un fort bel ouvrage. Pro- «fitez de mon conseil; ce travail ne sera pas pénible « et sera glorieux. îl faut laisser quelque trace de son « passage et remplir sa mission. »

Presque dans le même temps, M. Mole soupçonnait que cette tâche était plus avancée que M. de Fontanes ne le pensait.

« Il y a dans votre tête , et peut-être dans vos pâti piers, » mandait-il à M. Joubert, « un volume comte posé d'un bout à l'autre des pensées les plus rares, « des vues les plus ingénieuses et les plus étendues , « exprimées dans les tours les plus heureux. J'ai juré « de l'en faire sortir : ce sera le meilleur de mes ou- « vrages , et il aura pour moi le mérite de satisfaire à « la fois mon cœur et mon esprit. C'est dans le sens le « plus littéral que je le dis : je répondrais de tirer des «.papiers de la malle le plus excellent et le plus goûté « des volumes. »

Quel était donc cet homme que les plus beaux esprits de son siècle entouraient d'une affection si vive, d'une admiration si désintéressée? N'avait-il, en effet, laissé sur la terre que les vestiges inaperçus d'un talent ignoré? Confident inactif des travaux de ses amis,

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