A MADEMOISELLE DE LUCINIÈUE
A la Cliennio., le 12 juin i82'2.
Mon excellente amie, je n'ai point reçu de lettres de M'"' de Tremereuc depuis la mort de la pauvre petite Julie, et je suis inquiet de sa santé. Donnez-moi de vos nouvelles à toutes. Dilesmoi aussi quels sont vos projets, et si vous pensez que celui dont vous m'avez parlé se réalisera.
M""' Dubeye m'a écrit une fort bonne lettre. Son premier ti'imestre est échu, et il est d'usage à la Cliartreuse de payer d'avance. Je ne sais si M'"*' JiMuingham a pris des mesures pour vous faire toucher la somme qu'elle a promise. Dans le cas contraire, veuillez lui écrire. Il sera facile de faire passer l'aj*gent à M'"*' Dubeye par le P. Jennessaux, qui demeure acluellemenl rue de Sèvres, n" 55. On est loujours coulent de Charles. Si vous avez occasion de voir Cor, rappelez-lui, s'il vous plait, deux montres qu'il doit envoyer à mes petites nièces. Nous avons eu ici, pendant plusieurs jours, les chaleurs de l'Amél'ique. \a' chaud a donné de l'orage, l'orage a donné de la pluie, I. 10
et la pluie rafraîchit l'air. Le pauvre abbé Le Tourneur a été heureux de ne pas se trouver en route durant ces jours brûlants. Il vous est très- attaché, et il regrette d'être logé si loin de vous. J'espère qu'il reviendra me voir, et pour plus longtemps, vers la fin de l'été. Pour moi, il n'y a pas d'apparence que je quitte sitôt la Chênaie. A moins de circonstances imprévues, j'y passerai toute l'année prochaine. Ne négligez pas de rassembler les notes pour la Vie de noire bon Père. Je la ferai certainement dè's que je serai débarrassé de mon grand ouvrage; mais il faut, pour cela, que vous preniez la peine de mettre en ordre vos souvenirs. Avez-vous toujours près de vous M"*^ Constance? Dites-lui mille choses tendres de ma part, ainsi qu'à nos autres amies, et au bon M. Carissan. J'embrasse nos petites filles. Souvenirs à Jeannette, Jeanne et Peggy. Votre vieil ami,