‹ Correspondance [de] LamennaisChapitre 73 sur 140 · A M. DEHI'.YER · texte numérisé non relu

A M. DEHI'.YER

Le 11 juin 1827.

On nie mande de tous côtés que la censure va être établie après la clôture do la session ^ Je les crois bien capables de faire une pareille folie. En attendant, voilà M. Peyronnet et M. Corbière décorés du cordon rouge; M. de Villéle avait déjà le bleu. Je ne vois plus rien à leur souliaiter que le bâton blanc.

Pourriez-vous m'apprendre ce qui se passera seulement d'ici à six mois? vous me feriez un extrême plaisir. Les difficultés qui naissent du mouvement général des choses s'accumulent tous les jours, sans compter celles qu'y joint l'habileté de l'administration. Encore deux ou trois iinesses de M. de Villéle, et ses successeurs auront un bel écheveau à débrouiller. Je plains le malheureux roi, qui ne sait pas, ou qui ne veut pas. Qiios viUt perdere Jupiter' dementai. Je remarque dans le peuple de ces pays-ci la plus profonde indifférence pour tout ce qui s'appelle nionarchie.il ne tient qu'aune seule chose, à sa religion et à ses prêtres, dont l'aulorité, toutepuissante sur lui, est également chérie et vénérée. Tant qu'on ne blessera pas, sous ce rapport, sa conscience et ses liajj.tudes, il s'inquiétera aussi peu de tous les changements politiques que des révolutions de la Chine : mais, si l'on attaquait

* Lamennais était bien informé. La censure fut rétablie le 24 juin, quaranlo-huil heures après la clôture île la session. Une seconde onlonnancc instituait un liuiruK (h', censure cl un Coviiti' de survciUance. .M. de Lourdoueix était préîidenl du premier; M. de l)onald, du secoml. MM. l»ro et Caïx, proresscurs d'histoire, nommés membres du bureau de censure, s'honorèrent par un refus. M. le baron Cuvier, nonmié membre du comité de surveillance, ne parait pas avoir décliné ces fonctions. Il était alors con-» sciller d'État.

la foi, l'Église et ses miiiislres, il y a, dans la seule Bretagne, trois cent mille hommes prêls à répandre la dernière goulte de leur sang pour les défendre.

Faites, je vous prie, agréer mes hommages à M'"^ Berryer. Mon frère, qui est ici pour quelques jours seulement, vous dit mille choses tendres; et moi, cher, je vous embrasse et vous serre sur mon cœur.

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