‹ Correspondance de Montesquieu (volume 2)Chapitre 16 sur 489 · Barrillot · texte numérisé non relu

Barrillot

à votre gré. On promet d'aller plus vite à l'avenir et leur intérêt les y sollicite. Je suis instant pour cela sans relâche. Vous pouvez être sûr aussi que les tomes ne paraîtront qu'ensemble et que l'édition est belle et correcte; c'est l'essentiel.

Quant à la table, je m'en suis encore entretenu avec M, Burlamaqui, qui en a bien mis une à ses Principes du droit naturel. On en peut faire de trois sortes : ou une table générale des matières, ou une simple table des titres des chapitres, ou la même table des chapitres un peu détaillée c'est-àdire avec les sommaires du contenu de chaque chapitre. Pour la première sorte de tables, elle serait trop difficile et trop étendue, j'ajoute même trop peu nécessaire dans un livre méthodique pour qu'on doive y penser. La dernière, qui est celle qu'a employée M. Burlamaqui, convient dans un ouvrage tel que le sien, dont les chapitres sont longs et distingués par divers articles ou paragraphes avec des sommaires à la marge ; il n'y a eu qu'à rassembler ces sommaires pour avoir d'un coup d'œil le tableau du livre. Mais votre ouvrage n'est pas tout à fait dans le même cas: il n'y a point de sommaires à la marge et presque tous vos chapitres sont si courts qu'ils ne roulent que sur un sujet. Cependant on pourrait combiner la troisième sorte de tables avec la deuxième, en dressant une table des chapitres où l'on ne mettrait que le titre des chapitres courts et assez bien désignés par cette intitulation, mais pour les chapitres plus pleins on indiquerait le sujet des divers articles; est-ce ainsi que vous l'entendez, ou si vous exigez une table générale des matières ?

Il y a quelque obscurité et une espèce de paradoxe à dire en général, 1. XX, ch. 21 : « Un pays qui envoie toujours moins qu'il ne reçoit se met luimême en équilibre en s'appauvrissant. » Vous l'entendez sans doute des denrées et des marchandises, car pour l'argent, s'il en envoie moins qu'il n'en reçoit, il s'enrichit'.

La petite explication que vous m'avez envoyée pour le ch. 6, 1. XX sur le tarif de droits qui change à chaque parlement n'est pas inutile pour mieux éclaircir la chose ^ J'en ai fait usage.

Peut-être qu'en relisant la suite je trouverai un ou deux endroits qui, à la première lecture, avaient paru demander explication; cela ne me revient pas à présent.

Je prends la liberté de vous demander tout sans façon la nouvelle édition des Causes de la grandeur , etc., quoique j'aie la première. Ce livre-là décèlera l'auteur de VEsprit des lois. C'est un petit ouvrage de grand génie. Un de mes amis, habile homme et magistrat à Lausanne, l'a beaucoup cité dans ses Mémoires critiques sur l'anciemie histoire de la Suisse K

Les Lettres d'une Péruvienne"^ ne m'ont pas paru mériter le cours qu'elles ont. La fable n'en est

1. Montesquieu a corrigé : «Un pays qui envoie toujours moins de marchandises ou de denrées qu'il n'en reçoit se met lui-même en équilibre en s'appauvrissant. »

2. € L'Angleterre n'a guère de tarif réglé avec les autres nations; son tarif change, pour ainsi dire, à chaque parlement par les droits particuliers qu'elle ôte ou qu'elle impose. »

3. L. de Bochat, Mémoires crUiqnes pour servir d'éclaircissements sur divers points de l'histoire ancienne de la Suisse, Lausanne, 1747» 3 vol. in-4'>.

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