‹ Correspondance de Montesquieu (volume 2)Chapitre 195 sur 489 · I. Pour la terre de Gamon. Cf. la lettre · texte numérisé non relu

I. Pour la terre de Gamon. Cf. la lettre

ailleurs, je l'aime mieux; si vous ne trouvez pas ailleurs, je le ferai.

Ma fille, je vous salue et embrasse de tout mon cœur.

Montesquieu.

Je préviens M™* de Montesquieu de ceci; ainsi, dans le cas, vous pourrez vous adresser à elle.

A Madame, Madame de Secondât, près la porte Saint- Antoine, — à Agen.

Autographe. Arch. de La Brède.

De Neuchâtel en Suisse, le 20 décembre 174g.

Monsieur,

Vous savez que la Cour céleste, dans les offrandes qu'on lui présente, regarde le cœur plutôt que la valeur de la chose. Si vous, Monsieur, qui ressemblez plus que tout autre mortel à ces natures parfaites, comme vos divins écrits admirés à mesure qu'on est en état d'en juger nous le témoignent, pouviez connaître le mien, j'oserais me flatter que vous recevriez avec la même disposition un nouvel et petit essai que mes heures de loisir ont produit sur un sujet que je ne crois pas indigne de l'attention des hommes qui pensent d'une certaine façon. Quoi qu'il en soit, j'espère, Monsieur, que vous voudrez bien l'agréer avec cette bonté inséparable d'un aussi excellent caractère que l'est le vôtre.

I. Ancien magistrat de Saint-Gall, auteur d'un Essai d'un système nouveau concernant la nature des êtres spirituels... Neuchâtel, 1742, 4 Vol. in-S».

Vous remplissez trop dignement vos précieux moments pour l'utilité du public et pour votre propre gloire, pour que j'ose vous causer des distractions et vous prier de me faire la grâce de m'apprendre ce que vous en pensez. Je serais assez flatté si je pouvais espérer seulement que vous voulussiez me savoir quelque gré de mes bonnes intentions, quoique l'effet ne réponde pas à l'importance de la matière si scabreuse et si délicate en elle-même que j'ai entrepris de traiter. Je viens d'envoyer à un de vos savants, que je crois juge compétent, mes cahiers qui contiennent l'extrait du Traité des systèmes ' et la traduction du discours du D. Radiger, dont j'ai fait mention dans ma lettre aux éditeurs du Jo^lrnal Helvétique, avec mes remarques sur l'un et sur l'autre. S'il ne me dissuade pas de rendre ces deux morceaux publics, y a3^ant du nouveau presque partout, j'ose me flatter qu'ils mériteront mieux votre approbation. Monsieur, que cette légère ébauche que je prends la liberté de vous offrir présentement avec tout le respect que je vous dois.

Votre excellent traité de V Esprit des lois fait. Monsieur, aujourd'hui mes plus chères délices. Vous y avez sans doute tracé votre propre admirable caractère en disant comme vous avez fait, qti^à des gens à qui il ne faut que le nécessaire, il ne reste rien à désirer que la gloire de la patrie et la leur propre. C'est un modèle auquel, — en qualité de Lacédémonien plutôt que d'Athénien, selon la définition que vous avez donnée du caractère de ces deux peuples, — je tâcherai de ressembler.

I. Traité des systèmes, de Condillac. La Haye, 1749, 2 vol. in- 12°.

DE MONTESQUIEU 24b

J'ai eu l'occasion, Monsieur, de faire, ces jours passés, une nouvelle lecture de V Anti-Machiavel, qu'on attribue à notre roi de Prusse. S'il m'était permis de me développer sur un sujet qui passe si fort la sphère de mon intelligence, je dirais n'avoir jamais trouvé plus de sympathie entre la façon de penser de deux grands hommes, tant par rapport à la justesse et à la sublimité de l'esprit qu'à la grandeur et à la noblesse du sentiment, qu'il y en a entre vous, Monsieur, et ce monarque. J'estime que si vous vouliez faire une visite à ce prince, vous en seriez sans doute bien reçu et bien caressé.

Le porteur de ma lettre. Monsieur, est un très honnête homme et fort estimable par son bon cœur. Je vous prie très humblement de lui accorder votre protection au cas qu'il en eût besoin et d'agréer, en même temps, l'assurance de la haute estime et du très parfait respect avec lequel je suis, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

CUENTZ.

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