‹ Correspondance de Montesquieu (volume 2)Chapitre 251 sur 489 · Syndic du chapitre de Saint-Seurin de Bordeaux · texte numérisé non relu

Syndic du chapitre de Saint-Seurin de Bordeaux

2. Il s'agit d'un arrêt du Conseil d'État, du 6 août iySOjqui attribuait aux Jurats de Bordeaux la police dans le faubourg Saint-Seurin, concernant les jeux de hasard. Le chapitre de Saint-Seurin fut débouté de sa demande en révocation par un second arrêt du Conseil, le 5 février 1751.

serez une fois débouté, vous ne serez plus écouté sur la prévention et sur les défenses d'entrer dans les maisons des chanoines. J'avoue que cela est bien dur pour le chapitre et que les jurats font là un grand pas pour obtenir toute la police majeure; mais M. Calvel dit fort bien qu'il vaut mieux perdre un bras que deux et que, ne pouvant tout sauver, il faut se conserver ce qu'on peut se conserver.

Vous entendez bien que M. de Saint-Florentin', qui a fait donner un arrêt du propre mouvement du Roi, et qu'il croit être juste puisqu'il est conforme à ce qui se pratique à Paris, dont la police est pour le Conseil la règle de toutes les polices, n'ira point dire au Conseil qu'il a fait une sottise et demander qu'on révoque un arrêt qu'il a fait donner et qu'il croit ou qu'il sait être dans les règles.

En un mot. Monsieur, les temps sont changés et je crois qu'il faut tirer le meilleur parti que l'on peut de ces temps malheureux. Voilà ce que vous dit celui qui voudrait vous dire des choses plus agréables. Sur quoi, Messieurs, vous êtes sages et éclairés; vous prendrez le parti que vous croirez le plus convenable; quel qu'il soit, je ferai de mon mieux, mais je vous avoue qu'il me paraît indubitable que M. Calvel a raison.

Adieu, Monsieur, j'ai l'honneur d'être avec les sentiments de la plus parfaite estime votre très humble et très obéissant serviteur.

Montesquieu.

I. Le comte de Saint-Florentin, secrétaire d'État de la Maison du Roi, avait dans ses attributions le clergé et les affaires ecclésiastiques.

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