‹ Correspondance de Montesquieu (volume 2)Chapitre 273 sur 489 · MONTESQUIEU A STANISLAS LECZINSKI · texte numérisé non relu

MONTESQUIEU A STANISLAS LECZINSKI

Laboulaye, VII, 368. — Mémoires de l'académie de Stanislas, i888, p. 43o; d'après la copie des registres de l'académie de Stanislas.

Le 20 mars i-jbi.

Sire,

J'appris hier chez M. le Maréchal de Belle-Isle que Votre Majesté venait d'établir une académie à Nancy' et ma première idée fut de lui demander une place. Dans ce cas, il faudra qu'ElIe ait la bonté de répondre Elle-même à son académie du mérite que je puis avoir pour cela, moyennant quoi il n'y aura personne qui ne m'en croie beaucoup.

Votre Majesté voit que je ne perds aucune des occasions qui peuvent un peu m'approcher d'EUe et, quand je pense aux grandes qualités de Votre Majesté, mon admiration demande toujours de moi ce que le respect veut me défendre.

J'ai Thonneur d'être, avec un profond respect,

de Votre Majesté le très humble et très obéissant

serviteur.

Signé : Montesquieu.

1. La Société littéraire de Nancy tint sa première séance publique le 3 février lyôi. C'est abusivement que Montesquieu l'appelle acadéwn'e. Cf. à ce sujet l'Histoire de l'académie de Stanislas, par M. Pfister, en tête de la Table alphabétique des publications de l'Académie, par M. J. Favier (Nancy, igo2, in-S"), p. 6. On peut aussi consulter l'élude de AI. Druon sur Stanislas et la Société royale des sciences et belles lettres, dans les Mémoires de l'académie de Stanislas, iSqS, p. i6, où l'auteur fait ressortir l'importance qu'eut l'admission de Montesquieu pour l'histoire de l'académie.

Page 1