MONTESQUIEU A SOLIGNAC
Laboulaye, VII, S-i. — Mémoires de Vacadémie de Stanislas, 1888, p. 482; d'après la copie des registres de l'académie de Stanislas.
De Paris, le 4 avril ijSi.
Monsieur, je crois ne pouvoir mieux faire mes remerciements à la Société littéraire qu'en payant le tribut que je lui dois, avant même qu'elle me le demande, et en faisant mon devoir d'académicien au moment de ma nomination^; et comme je fais parler un monarque que ses grandes qualités élevèrent au trône de l'Asie et à qui ces mêmes qualités firent éprouver de grands revers, que je le peins comme le père de la patrie, l'amour et les délices de ses sujets, j'ai cru que cet ouvrage convenait mieux à votre Société qu'à toute autre. Je vous supplie, d'ailleurs, de vouloir bien lui marquer mon extrême reconnaissance.
1. Jean-.Mathias, comte de Schulemburg (1661-1747); cf. Voyages, I, p. 299.
2. Cette lettre était accompagnée du manuscrit de Lysimaqite, qui fut lu dans la séance publique de l'Académie du 8 mai 1 73 i . Cf. l'édition conforme au manuscrit dans les Mémoire de l'académie de Stanislas. 1888, p. 433.
Vous me dites, Monsieur, des choses très flatteuses, quand vous me parlez d'un voyage en Lorraine; vos paroles ont réveillé en moi toute l'idée de ce bonheur que l'on trouve dans la présence de Sa Majesté.
Du reste, Monsieur, je me félicite de ce que notre Société a un secrétaire tel que vous et aussi capable d entrer dans les grandes vues du roi et dans l'exécution des belles choses qu'il a projetées. Je vous supplie de vouloir bien me conserver l'honneur de votre amitié; il me semble que la mienne s'augmente pour Thistorien de la Pologne'.
J'ai l'honneur d'être, Monsieur, avec un attachement respectueux, etc.
A Monsieur le chevalier de Solignac, secrétaire de la Société littéraire de Nancy.