‹ Correspondance de Montesquieu (volume 2)Chapitre 291 sur 489 · Le président Hénault · texte numérisé non relu

Le président Hénault

pas celui qui croit dire tout ce que vous voulez, c'est celui qui dit tout ce qu'il veut. J'aime bien ce que vous dites, que vous n'avez suivi vos compagnes que pour tuer le temps et que vous n'avez jamais tant trouvé qu'il mérite de l'être. Eh bien! soit, tuons-le; mais je le connais, il reviendra nous faire enrager. Je suis enchanté que vous ayez fait mon apologie; vous me couvrirez de votre égide et, ce qui sera singulier, les Grâces y seront peintes. Je vous demande en grâce de me l'envoyer par le premier courrier, avec une lettre de vous, s'il se peut.

Le chevalier d'Aydie m'a mandé qu'il avait gagné son procès. Le père bénédictin dont je savais si bien le nom, et que j'ai oublié', n'avait donc évité des coups de pied dans le ventre que pour tomber dans l'infamie de perdre un procès avec lequel il tuait le temps et le chevalier. Je vous prie, Madame, de vouloir bien parler de moi; c'est au chevalier.

Je vous prie de parler aussi de moi à M™^ Du Châtel. Je lui sais bon gré de vous avoir inspiré de me communiquer le secret-. Mais pourquoi dis-je que je lui sais bon gré de cela? Je lui sais bon gré de tout. L'abbé de Guasco me barbouille toute cette histoire: il me dit que c'est M. de Révol, conseiller au Parlement, qui a donné le manuscrit, qui est, dit-il, très savant. C'est depuis qu'il a une dignité dans le chapitre de Tournai qu'il ne sait ce qu'il dit.

Je vous prie. Madame, de vouloir bien remercier

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