‹ Correspondance de Montesquieu (volume 2)Chapitre 328 sur 489 · I. Tourny · texte numérisé non relu

I. Tourny

VOUS m'avez honorée, j'aie pu différer jusqu'aujourd'hui à vous en témoigner ma reconnaissance et ma joie. Je vous avouerai que ce n'a pas été sans beaucoup de peine que je me suis privée de cette satisfaction, mais la discrétion que j'ai eue et dont je pourrais vous faire valoir les motifs ne me servira point d'excuse puisque je la fais céder enfin au plaisir de vous renouveler les assurances de mes sentiments pour vous, Monsieur. S'ils ont pu augmenter, ce serait depuis que vous m'avez fait l'honneur de me dire que j'aurais un peu de part à celui de votre souvenir; et, si je dois effectivement me flatter de cette faveur, vous ne serez peut-être pas importuné des sincères remerciements que je vous en fais. Je l'avais ambitionnée si vivement, et j'ai, Monsieur, un si grand désir de me la conserver qu'il n'est pas possible de laisser perdre les occasions de la mériter davantage. Vous ne sauriez refuser la continuation de ce bonheur à la force de mes vœux et à la vive admiration, dont je me fais gloire d'être à jamais. Monsieur, votre très humble et très obéissante servante.

De Zuckmantel, chanoinesse de Bouxières.

Je compte que M. le chevalier de Solignac ne vous a pas laissé ignorer. Monsieur, les nouvelles d'une académie' qui a droit de vous intéresser à ses progrès : elle a donné le mois dernier, pour la première fois, le prix de l'éloquence à un ouvrage qui a pour titre Le progrès des sciences et des aris

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