Elle était en visite chez Maurepas exilé à Bourges
2. Sa belle-fille, Louise-Félicité de Bréhan, duchesse d'Aiguillon, qui accoucha d'Armande-Amélie, le 24 juin 1752.
occasion. Sa santé est déplorable et il est bien difficile qu'elle puisse combattre longtemps contre les infirmités qui l'assiègent. Pour M. de Maurepas, sa santé résiste à tout et n'a souffert aucune altération. Il est fait au genre de vie qu'il mène; sa journée est remplie par différentes lectures. Il trouve les morts de fort bonne compagnie, il y a peu de vivants qui méritent la préférence : on en trouve peu dans tous les pays qui vous ressemblent. Nous avons lu dernièrement des lettres de Milord Orrery ' adressées à son fils, qui nous ont fait un plaisir infini. Le titre est Remai'ks on the life and writings of Dr. Swift-. Il y a des choses excellentes dans cet ouvrage; il recommande avec éloge la lecture de V Esprit des lois. Milord Orrery est fils du fameux M. Boyle: sans doute vous l'aurez vu en Angleterre. Je désirerais fort que vous l'eussiez connu et savoir ce que vous pensez de son caractère, qui me plaît infiniment. C'est un philosophe très religieux, un homme plein de sentiment et qui a du goût.
Voilà donc les Encyclopédistes foudroyés comme leurs ancêtres les Titans 5. On pourrait dire, comme Molière et aussi inutilement: Rendez donc V argent. Je n'avais point souscrit et je n'y perds rien.
M. de Forcalquier a donné, comme vous savez, le spectacle le plus édifiant et dure encore, car ce n'est pas vivre que de prolonger son existence pour souffrir. M. de Bulkeley, dont j'ai souvent des nouvelles, est aussi dans le bon chemin. Ces exemples
1. John Boyle, comte d'Orrery (1707-1762), fils de Charles Boy!e, comte d'Orrery (1676-1731).