‹ Correspondance de Montesquieu (volume 2)Chapitre 341 sur 489 · I. Saint-Denis, Gironde (commune de Camiac · texte numérisé non relu

I. Saint-Denis, Gironde (commune de Camiac

sieurs années, séparés par des mers, et vous ouvrez un commerce entre eux. M. Mitchel' et moi ne nous étions point perdus de vue; mais M. d'Ayrolles, que j'ai eu l'honneur de voir à Hanovre-, m'avait entièrement oublié. Je n'ai plus de vin de l'année passée; mais je garderai un tonneau de cette année pour l'un et pour l'autre. Je vous ai déjà mandé que je comptais être à Paris au mois de septembre et, comme vous devez y être en même temps, je vous porterai la réponse du négociant 3 à l'abbé de La Porte, qui m'a critiqué sans m'entendre. Ce n'est pas un négociant soi-disant, comme vous croyez, c'en est un bien réel et un jeune homme de notre ville, qui est l'auteur de cet écrit.

Je vous dirai, mon cher abbé, que j'ai reçu des commissions considérables d'Angleterre pour du vin de cette année; et j'espère que notre province se relèvera un peu de ses malheurs; je plains bien les pauvres Flamands, qui ne mangeront plus que des huîtres et point de beurre.

Je crois que le système a changé à l'égard des places de la Barrière et que l'Angleterre a senti qu'elles ne pouvaient servir qu'à déterminer les Hollandais à se tenir en paix, pendant que les autres seront en guerre. Les Anglais aussi pensent que les Pays-Bas sont plus forts, en y ajoutant douze cent mille florins^ de revenu, qu'ils ne le seraient

1. « Alors commissaire d'Angleterre pour les affaires de la Barrière à Bruxelles et actuellement ministre plénipotentiaire à Berlin, homme de beaucoup d'esprit et d'un caractère fort aimable. M. AyroUes était ministre de la même cour à Bruxelles.» (Guasco.)

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