M"^« GEOFFRIN A MONTESQUIEU
Autographe. Arch. de La Brède.
A Paris, ce i6 août [1748].
On m'a porté de votre part, mon cher Président, un exemplaire de la dernière édition de vos Romains, très bien reliée. Je n'aurais pas été digne de cette faveur si je l'avais attendue patiemment. Aussitôt qu'il apparut, je l'ai acheté, et il était déjà lu et relié; mais le vôtre va prendre la place du mien dans ma bibliothèque, dont il fera l'ornement, non seulement parce qu'il est fait par vous, mais parce qu'il m'est donné par vous. Je m'en rengorge bien; je conterai cela à mes petits-enfants. Ma petite-fille, à qui je l'ai montré, en a augmenté de considération pour moi : elle voit bien que sa grand'mère n'est pas une mère grand à l'ordinaire.
Il a couru ici un bruit que vous manquiez à la parole que vous nous aviez donnée si authentiquement de revenir cet hiver, mais je ne veux pas croire cela si légèrement, que vous soyez capable de cette noirceur. J'espère que l'ennui vous chassera de Bordeaux et nous ne vous chicanerons pas sur le sentiment qui vous ramènera, pourvu que nous vous revoyions.
Ma fille' a eu une fluxion effroyable dans la tête, qui l'a empêchée de suivre M''^ de la Roche-sur-Yon aux eaux. J'en ai été très fâchée; ce voyage était très