MONTESQUIEU AU CHEVALIER D'AYDIE
Original. Arch. de La Brède. — Lettres originales de Montesquieu au chevalier d'Aydie (VIII), p. 14. — Laboulaye, VII, 42G.
Le 12 mars 1754.
Mon cher chevalier,
M"'" Du Deffand m'a fait part d'une lettre de vous* qui m'a comblé de joie, parce qu'elle me fait voir que vous m'aimez beaucoup et que vous m'estimez un peu. Or, l'amitié et l'estime de mon cher chevalier, c'est mon trésor. Je voudrais bien que vous fussiez ici et vous nous manquez tous les jours; à présent que je vieillis à vue d'œil, et surtout à la vue de mon œil, je me retire, pour ainsi dire, dans mes amis.
Bulkeley est au comble de ses vœux ; son fils, pour lequel il est aussi sot que tous les pères, vient d'avoir le régiment-; j'en suis en vérité bien aise: voilà sa fortune faite. M. Pelham^, qui était à peu près le premier ministre d'Angleterre, est mort. C'était un ministre honnête homme, de l'aveu de