BEAUMONT ■ A MONTESQUIEU
Autographe, Arch. de La Brède.
Genève, i5 avril 1754.
Monsieur,
Je n'ai point l'honneur d'être connu de vous, mais je connais votre humanité et VEsprit des lois fait l'objet de mon étude journalière. Ce sont là mes titres, Monsieur, pour justifier la liberté que je prends de vous offrir ce faible commentaire des deux premiers chapitres de votre ouvrage.
Il est des cas où l'indiscrétion est excusable. Je ne me borne donc pas à présenter à M. le président de Montesquieu ce témoignage de ma vénération; je porte mon ambition jusqu'à obtenir de l'auteur de VEsprit des lois qu'il daigne m'honorer de ses corrections et de ses leçons. Si c'est les mériter que de les juger infiniment précieuses et honorables, j'ose dire que j'en suis digne.
Je suis avec un profond respect, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
Beaumont.