MONTESQUIEU A CHARLES BONNET
Sclopis, Recherches sur V Esprit des lois, p. 28; d'après l'original qui se trouve à la Bibl. de Genève, lettres à Bonnet, II, no 76. — Laboulaye, VII, 430.
A Paris, ce 6 mai 1754.
Je vous suis infiniment obligé. Monsieur, de votre lettre du i^'* avril. J'ai vu par l'exposé de votre situation que l'eau pour les yeux dont je vous parlai ne pouvait que vous être nuisible, parce qu'elle est un peu astringente. Ce que vous me mandez de l'habileté de M. Andrien ne me surprend pas. J'étais déjà prévenu sur cet homme célèbre et, si je me détermine à me faire faire l'opération, chose à laquelle je ne me résoudrai que lorsque je n'y verrai plus, je compte bien me servir de lui. J'ai reçu le petit ouvrage de M. Beaumont, dont j'ai été extrêmement content. A l'égard de la première définition que je donne des lois, où je parle de la signification la plus étendue qu'elles puissent avoir, je crois que nous pensons tous deux la même chose. Je garde
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mon expression, parce qu'il me semble que les lois de l'universalité des êtres ne sont des conséquences de rien, mais produisent des conséquences sans nombre.
M. de La Condamine a lu à l'académie de Paris une dissertation sur l'inoculation, qui a été regardée comme une chose sans réplique'.
Je suis bien aise que vos yeux aillent niieux^ et j'ai Monsieur, l'honneur d'être, avec les sentiments de la plus parfaite estime, votre très humble et obéissant serviteur.