JACOB VERNET A MONTESQUIEU
Ce II septembre 1748.
Votre dernier paquet est arrivé, Monsieur, et j'3' ai aussitôt fait les corrections et additions que vous m'aviez envoyées. Mais celle du chapitre 1 1 du livre XXX n'était pas venue à temps; c'est celle où l'on dit qu'z7 y avait dans les villes un corps de bourgeoisie^ un sénat et des magistratures de police\ Voyez si cela vaut la peine de faire un carton. La multiplication des cartons est toujours une défectuosité et, d'ailleurs, elle fait soupçonner plus de mystères qu'il n'y en a. Cependant on suivra vos ordres sur cet article.
Ne tardez pas à me répondre sur chaque point de
I. L'édition princeps donne: c II y avait dans les villes des corps de bourgeoisie »; l'édition de 1749 in-4"' corrige: c II y avait dans les villes à peu près la même administration que chez les Romains : dea corps de bourgeoisie, un sénat, des cours de judicature. »
ma dernière lettre, parce que voici une besogne qui tend à sa fin. Dans quinze jours tout sera fini. Votre iucrement orénéral sur le livre de l'abbé Dubos et sur les sources de l'illusoire qui s'y rencontrent est admirablement bien touché. Je me réjouis de ce que tout sera fini avant nos vendanges. Je n'aurais pas eu le courage de quitter parce qu'il faut si bien aller que chaque feuille me passe deux fois par les mains, et j'aurais été fâché d'être assujetti à rester dans la ville comme l'année dernière. Vous pouvez dire à présent avec plus de droit qu'Ovide : Exegi monamentuui^ etc. Ce sont de belles leçons données aux rois et aux peuples.
J'ai l'honneur d'être, avec une singulière estime et vénération, votre très humble et obéissant serviteur.
J. Vernet.
A Monsieur, Monsieur le président de Montesquieu, — à Bordeaux'^.