‹ Correspondance de MontesquieuChapitre 134 sur 433 · BARBOT A MONTESQUIEU · texte numérisé non relu

BARBOT A MONTESQUIEU

Autographe. Arch. de La Brède.

A Bordeaux, le 7 mai 1726.

Vos louanges m'ont porté malheur, mon cher Président : on a refusé la proposition des six mille livres.

l34 CORRESPONDANCE

Lorsque je la fis à M. de La Tresne, il me parut assez disposé à l'accepter et à la faire accepter à son père; mais il me dit qu'il était temps de mettre dans le secret M. et M""' de Fayet '; qu'il ne pouvait plus leur cacher une affaire qui les touchait d'aussi près; et qu'il se reprochait même de ne leur en avoir pas parlé. J'évitai le tribunal autant que je le pus; je connais ce que c'est que la multitude dans l'exécution des projets et dans les secrets; cependant, voyant qu'il fallait abandonner une affaire qui était commencée avantageusement pour vous ou en passer par là, je ne voulus pas rompre sur ce prétexte, et je crus même que M'"'^ de Fayet pourrait parler pour les cent pistoles de plus dont il s'agissait; je me suis trompé. Après bien des examens et des délais, parce que M. de La Tresne était à Thau-, son père' à La Tresne, M. Fayet à Péchot^ et M™'^ Fayet à Bordeaux, on me répondit qu'on ne pouvait donner les six mille livres. On est même revenu sur la proposition en soi : on exagère combien il est désavantageux pour M. de La Tresne de prendre une charge à vie; on prévoit surtout ce cas-ci : qu'est-ce qu'il arriverait, dit-on, si M. de La Tresne mourait ou obtenait quelque autre place? la charge retournerait-elle à M. de Montesquieu? M. de La Tresne la payerait-il sans la garder? pourrait-il la vendre à un autre sous les conditions qu'il avait faites avec M. de Montesquieu? etc. Vous voyez d'un coup d'œil leur difficulté : songez-y, parce qu'il est sûr qu'elle

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