‹ Correspondance de MontesquieuChapitre 208 sur 433 · Intendant de Bordeaux · texte numérisé non relu

Intendant de Bordeaux

4. D'Arville, surnommé « Pourceaugnac » dans la société de M™* Duplessy (Cf. Grellei-Dumazeau, op. cit., p. 260).

DE MONTESQUIEU 20f)

convenus tous deux qu'il n'y avait rien de si flatteur pour vous et qu'il y aurait de la malice de vous le cacher. Je crois qu'il doit vous écrire exprès pour vous faire le détail de leurs remarques ; en revanche tout le reste de la ville en a été charmé. Les gens d'esprit, de bon sens, les sots, les femmes, enfin les petits-maîtres, tous d'une voix l'applaudissent. Vous n'avez contre vous que les trois personnages dont je vous ai parlé.

Si j'étais dans ce charmant château de La Brède, je vous ferais part de mes remarques, mais là où vous restez, je ne serais pas de saison; tout ce que je ne puis m'empêcher de vous dire, c'est que je m'étais attendue à quelque chose de bon de votre part, mais à rien de nouveau sur un sujet si serré et si rebattu. Quand j'ai lu ce que vous dites du Roi régnant, du cardinal et du gouvernement passé, j'ai vu du nouveau. Je vous avoue que ce morceau m'a enlevée, cela s'appelle faire de rien quelque chose. Que nous serions heureux, mon cher cousin, si nous étions dans un royaume gouverné par un roi tel que vous nous le présentez! Cet endroit me paraît un chefd'œuvre, je le mets bien au-dessus de tout le reste de votre discours. Pardonnez-moi ces remarques, qui sont de moi toute seule, et condamnez-moi si j'ai tort. Dites-moi, je vous en prie, si M. de Sacy' ressemblait le pauvre Castillon-: dans l'éloge que vous en faites, il me paraît bien des choses semblables avec celui qu'avait fait le président Barbot de notre ami, aux sciences près, dont il ne parlait

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