Virgile, Bucoliques, VIII
Pensées et fragments inédits de Montesquieu 1 1, p. a55.
Que la haine que vous avez pour le mariage est juste ! La raison vous a fait sentir ce que l'expérience seule peut faire connaître aux autres.
Lorsque par des nœuds solennels Deux fidèles amants, que même ardeur anime, Vont s'unir l'un à l'autre aux yeux des Immortels,
L'Amour est toujours la victime
Qu'on immole sur les autels.
Vous savez bien qu'autrefois les gens du bel air ne se mariaient point.
Vous connaissez Coriolan,
Amadis, Roger et Roland.
Quoique amoureux, quoique fidèles,
Ils détestaient le sacrement, Et, contents de plaire à leurs belles.
Ils n'épousaient que leurs querelles.
Vous voyez, Mademoiselle, qu'il ne faut point confondre les chaînes de l'Hymen avec celles de l'Amour. Il ne faut point se marier, mais il faut aimer, et tout le monde doit être là-dessus de même religion.
Iris, ne soyez point sévère.
Aimez, soupirez nuit et jour.
Le plus adorable mystère Est le mj-stère de l'Amour.
Point de salut hors de Cythère.
DE MONTESQUIEU 2l5
Aimez, sur ma parole, Mademoiselle ; je sais ce qui en est.
Goûtez ce plaisir extrême ; C'est la seule félicité.
Il fait le bonheur des dieux même Et leur ôte l'ennui de l'immortalité.
Pensées et fragments inédits de Montesquieu, I, p. 257.
Il me semble que les Grâces vous ont envoyée pour nous apprendre ce qu'elles disent et ce qu'elles font. Ne prenez point cette lettre pour une déclaration d'amour, mais comme la seule manière qu'il y ait de vous écrire. Il me semble que c'est un discours ordinaire et que je n'ai fait que parler de vous.