‹ Correspondance de MontesquieuChapitre 225 sur 433 · I. François de Fitz-James, second fils du maréchal · texte numérisé non relu

I. François de Fitz-James, second fils du maréchal

Je vous en fais mon compliment et je suis charmé de tout ce que vous me mandez de milord Waldeo-rave, que j'aime de tout mon cœur. Je ne suis pas surpris que vous vous amusiez dans un séjour où je voudrais de tout mon cœur être, dût-il m'en coûter un de mes pendants d'oreille pourvu que l'autre restât intact.

Vous voilà à quatre pas d'ici, prenez une bonne résolution et venez nous rendre une petite visite. Vous verrez le plus beau pays que vous ayez vu de votre vie, un climat ordinairement merveilleux, un prince beau comme un ange, une princesse pleine d'appas et un ambassadeur d'Espagne qui vous recevra à bras ouverts. Voyez si cela vous convient, et d'ici vous [pouvez al]ler par l'Ukraine et la Tartarie à Constantinople où vous vous embarquerez pour Venise, et de là vous pouvez faire le reste de votre voyage projeté d'Italie. Voilà bien du chemin que je veux vous faire faire, mais en récompense vous verrez des choses inouïes. Donnez-moi, je vous prie, quelquefois de vos nouvelles et soyez persuadé que personne au monde ne vous est plus inviolablement dévoué que, mon cher Président, votre très humble et très obéissant serviteur.

LiRIA.

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