WALDEGRAVE A MONTESQUIEU
Autographe. Arch. de La Brède.
A Gratz, ce 3 1 • août 1728.
Je commençais, mon cher Président, un peu à me fâcher contre votre silence quand j'ai reçu votre lettre du 20^ par laquelle je vois que vous avez été plus longtemps en chemin entre Gratz et Venise que vous ne vous l'étiez proposé. Je ne doutais pas de l'empressement de Jacob pour arriver à ce lieu de délices ; pour un homme de son tempérament et par ce qu'il m'en écrit, il y trouve tout. A cet égard, je n'ai pas été trompé non plus, quoique vous ne vous expliquiez pas aussi nettement que je l'aurais souhaité sur ce chapitre, mais il nous paraît que ma prophétie s'est accomplie, et que vous b... autant qu'il vous fallait.
Je n'espère plus aller vous rejoindre; le retour de l'Empereur qui sera, à ce qu'on dit, plus prompt qu'il ne se l'était proposé, m'obligera de rester ici. Je n'ai rien d'assez intéressant à vous mander d'ici pour pouvoir vous tenter d'y retourner, et remettre au printemps votre tour d'Italie, mais je ne veux pas désespérer de vous revoir encore à Vienne avant la fin de novembre, où je prévois qu'on pourrait faire quelque chose qui ne vous serait pas désagréable.
Nous menons la même vie qu'on menait pendant que vous y étiez. J'ai assemblée générale l'aprèsdîner. La quadruple alliance telle que vous l'avez laissée ne subsiste pourtant plus: Bartholommei' en