MONTESQUIEU A BERWICK
Minute autographe. Arch. de La Brède.
A Venise, ce i5 septembre 1728.
Monseigneur,
J'ai l'honneur de vous écrire de toutes les villes où je suis parce que j'ai toujours la même chose à vous demander, qui est la continuation de vos bontés.
Je pars de Venise dans deux jours. C'est une ville qui ne conserve plus que son nom : plus de forces, de commerce, de richesses, de lois; seulement la débauche s'y appelle liberté. J'aurai quelque jour un grand chapitre à vous faire de cette ville aussi bien que de la cour où j'ai été précédemment.
Je vais droit à Milan et prends l'Italie par le revers parce que je n'ose pas rentrer à Rome avant le milieu d'octobre, de façon que, dans l'intervalle, je verrai Milan, Turin, Gênes et Florence. Il ne faut
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pas que vous preniez la peine de m'envoyer des lettres pour Rome, parce que j'en ai abondamment et dans l'Italie, les gens d'une ville vous adressent à ceux de l'autre. Milord Waldegrave me mande qu'on se divertit toujours bien à Gratz et qu'il se tenait tous les jours conseil chez lui. Ce conseil est un gros jeu où il gagnait, de mon temps, tout ce qu'il voulait.
J'ai ici beaucoup raisonné système avec M. Law '. C'est s'y prendre tard que d'avoir fait connaissance en 1728".
J'ai l'honneur d'être...
Monsieur le Maréchal de Berwick.