‹ Correspondance de MontesquieuChapitre 326 sur 433 · MONTESQUIEU A MARTIN FFOLKES · texte numérisé non relu

MONTESQUIEU A MARTIN FFOLKES

Laboulaye, VII, 245; d'après l'original appartenant à Sir William Ffolkes.

A Paris, ce i3 de juillet ijSg

Votre lettre m'apprend, Monsieur, que vous êtes arrivé en bonne santé; je vous prie de la conserver pour vous et pour moi; elle m'est infiniment chère, et le séjour que vous avez fait en ce pays-ci n'a fait qu'augmenter l'amitié que je vous avais vouée et que je vous prie de me conserver jusques à la mort. Faites bien mes compliments bien tendres à MM. les ducs de Richmond et de Montagu; on ne sait si on doit les respecter ou les aimer davantage.

Nous venons de perdre le pauvre Dufay'; je commençais à le connaître et je suis sûr que nous aurions été amis. Ce garçon-là avait de très bonnes qualités et savait un grand nombre de toutes sortes de choses.

M. le cardinal de Polignac et Madame de Rane-

I. Ch.-Fr. de Cisternay-Dufay (lôgS-iySg), membre de l'Académie des Sciences, intendant du Jardin des Plantes.

zin(?)' m'ont parlé mille fois de vous. Celle-ci voulait écrire à Calais au commandeur de Canilly de vous en faire les honneurs; elle apprit que vous étiez parti et que vous aviez pris une autre route. M. le cardinal de Polignac me demande toujours de vos nouvelles, et si vous ne reviendrez point en France, et qu'il voudrait être de vos amis.

Adieu, Monsieur, conservez-moi toujours cette amitié que j'adore; j'ai l'honneur de vous embrasser mille fois.

Montesquieu.

Faites-moi le plaisir de faire savoir à M. Coste- que j'ai fait sa commission; que son libraire a envoyé les exemplaires ordonnés en Hollande et ailleurs, et qu'il lui enverra incessamment ceux d'Angleterre. Je lai ai représenté qu'il était honteux que, pour une bagatelle, il obligeât un honnête homme de lui faire parler si souvent. S'il n'envoie pas, dites à M. Coste que j'irai lui parler de la bonne façon et qu'il ait la bonté de me le faire savoir.

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