‹ Correspondance de MontesquieuChapitre 33 sur 433 · MONTESQUIEU A MAIRAN · texte numérisé non relu

MONTESQUIEU A MAIRAN

A. Pitou, Revue d'histoire littéraire, 1908, p. iio; d'après l'autographe qui se trouve à la Bibl. de Châteauroux, B 19G.

A La Brède, ce lo* novembre 172 i.

J'ai, Monsieur, chez moi les balles de livres que vous m'avez adressées, mais je ne sais s'il en sera de même quand il faudra les faire partir, ne doutant point qu'on exige ici les mêmes formalités qu'on a exigées à Béziers et cela pour le moins; tout ce dont vous pouvez être assuré c'est que je ferai de mon mieux et que je ferai en sorte qu'on n'en ouvre qu'une; quand on verra de la fidélité dans le mémoire on n'en demandera pas davantage, et je vous réponds que cette balle sera rétablie avec le même soin qu'on a pris à Béziers; je vous parlerais avec plus d'assurance si j'étais à Bordeaux, mais je suis à présent à la campagne; comptez sur ma bonne volonté pour une si petite chose.

Nous ferons dans deux jours l'ouverture de notre Académie; il y sera parlé, disputé à ce que je pré-

vois, nos médecins étant partagés sur la question de la contagion; mais, pour moi qui sais que les ch. p. se communiquent, je suis tout décidé; je voudrais pour tourner en ridicule ces Messieurs que l'on proposât ce problème à toutes les facultés : savoir si la vérole se communique ou non.

Je vous salue, mon cher Monsieur, et vous prie de me continuer vos bonnes grâces et de me croire avec tout l'attachement imaginable. Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Montesquieu.

Tous nos Messieurs vous saluent.

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