Cf. la lettre précédente
quand il est de l'Académie, et est par conséquent son bibliothécaire à lui-même, et d'ailleurs vous prendrie.z une place actuellement possédée par le président Barbot". J'ai d'ailleurs ouï dire que sur le mont Parnasse toutes les places étaient honorables, depuis le sommet jusqu'à la colline. Voilà, me semble, ce qui pourrait vous rendre ce poste acceptable. Je comprends même que le dessein de l'Académie sera toujours de faire toutes les choses de sa part que demandera la décence. Réfléchissez à cela. Monsieur. Pour moi, j'y aurais l'avantage de voir mon pays orné d'un homme de mérite tel que vous et d'avoir le plaisir de me promener avec vous quelquefois dans mes jardins de La Brède.
Adieu, Monsieur, j'ai l'honneur d'être très respectueusement votre très humble et très obéissant serviteur.
Montesquieu.
Je vous dirai même que, dans les circonstances où vous vous trouvez, on regardera en Italie comme une chose honorable que, dans le temps que vos ennemis vous ont déplacé, ceux du pays vous aient retenu; lapidem qiiem reprobaveriuit œdificantes^ hic faciiis est in caput anguli^. Il est bien certain du moins qu'on n'en fera pas tant pour votre successeur.
A Monsieur, Monsieur Venuti, abbé de Clairac, — à Clair ac.
1. Barbot démissionna le 2 septembre 1742 {Reg. mss de l'Académie, II, 161).