‹ Correspondance de MontesquieuChapitre 381 sur 433 · MONTESQUIEU A MARTIN FFOLKES · texte numérisé non relu

MONTESQUIEU A MARTIN FFOLKES

Laboulaye, VII, 252; d'après l'original appartenant à Sir William Ffolkes.

A Bordeaux, ce 14 février 1744^.

J'embrasse, Monsieur, toutes les occasions qui peuvent me procurer le plaisir de vous parler et de ma parfaite estime et de ma tendre amitié. Vous êtes la personne du monde dont le souvenir m'est plus cher, et avec qui je voudrais le plus vivre; et vivre avec vous, c'est vous aimer. Je suis actuellement à Bordeaux oii je jouis des douceurs de mes amis et de ma patrie. M. le président Barbot, secrétaire de notre Académie, est un des hommes du monde que j'aime le plus. Il s'est toujours appliqué aux sciences, mais comme un gentilhomme. Il sait comme les savants, et a de l'ardeur comme les mécènes. Vous méritez l'un et l'autre d'être amis, quoique éloignés, parce que s'il était à Londres et vous à Bordeaux, vous vous chercheriez sans cesse. Je vous envoie un mémoire auquel je vous supplie de vouloir bien répondre. Ayez la bonté de lui faire réponse à son adresse: à

Page 1