‹ Correspondance de MontesquieuChapitre 394 sur 433 · MONTESQUIEU A GODEFROY DE SECONDAT · texte numérisé non relu

MONTESQUIEU A GODEFROY DE SECONDAT

Autographe. Arch. de La Brède.

A Bordeaux, ce 28 de décembre 1744.

Monsieur le doyen de Saint-Seurins m'a dit, Monsieur mon très cher cousin, que vous m'aviez fait l'honneur d'accepter la proposition que je vous ai faite d'une chose qui peut rétablir notre famille qui tombe. Cela m'a fait un grand plaisir, et quand j'aurai reçu de vos nouvelles là-dessus ', je vous

1. Godefroy de Secondât (1702-1774). Il s'agit de son mariage avec Denise, fille de Montesquieu, qui eut lieu en mars 1745.

2. Charles-Louis-Joseph de Secondât ( 1 604- 1 754), frère de Montesquieu.

3. Montesquieu attendait une réponse au mémoire ci-dessous (autogr. Arch. de La Brède), communiqué à Godefroy de Secondât par l'intermédiaire du doyen de Saint-Seurin :

Mémoire sur le mariage proposé. — En cas que le mariage proposé s'accomplisse, M. et M'"^ de Montesquieu verront avec plaisir que M. de S. ne fasse pour cela aucune dépense, ni corbeille, ni autre présent quelconque pour la demoiselle. Comme c'est un mariage entre parents, il ne doit point être question de tout cela.

C'est dans cet esprit que M. de Montesquieu n'exige aucun douaire, outre que M"« de Montesquieu aura dans tous les cas assez de fortune.

M. et M"» de Montesquieu habilleront leur fille, et la nipperont d'une manière décente et convenable, mais sans faste, c'est-à-dire solide.

M"« de Montesquieu ne connaissant pas Bordeaux et ne devant point y vivre, M. et M">» de Montesquieu souhaiteraient que le mariage se fît à Montesquieu, i» pour qu'on ne puisse pas regretter la fatuité des demoiselles de Bordeaux; — 2" pour éviter le cérémonial d'une infinité de parents; — 3» il sera plus commode au mari de mettre sa f^mme dans un bateau et de la mener dans Agen.

Si ce mémoire convient, M. de M. enverra à Agen un homme de confiance afin de hâter et régler les atlaires d'intérêt avec M. de S.

env errai un homme de confiance pour mettre la main à cette affaire avec vous.

M""' de Montesquieu vous fait bien des compliments et moi je vous embrasse. Je suis, avec bien de la tendresse, Monsieur mon très cher cousin, votre très humble et très obéissant serviteur.

Montesquieu.

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