‹ Correspondance de MontesquieuChapitre 61 sur 433 · Actuellement n" 27, quai Voltaire · texte numérisé non relu

Actuellement n" 27, quai Voltaire

2. Barbot déi>ip:ne ainsi le frère de Montesquieu qui venait d'obtenir l'abbaye de Faize. La terre de Martillac était voisine de la Brède.

cinq ou six mille livres de rente et on ne serait point à plaindre avec cela, quand même on n'aurait pas trouvé le dénouement du mystère de la grâce. Navarre, qui est arrivé ici depuis trois jours, m'a assuré que M. de La Force avait donné encore à M. votre frère un prieuré de i,5oo livres de revenu; je n'en ai rien cru parce que vous n'en mandez rien et que, d'ailleurs, les Caumont ne sont pas grands fondateurs de bénéfices, à moins qu'ils eussent fondé celui-là quinze jours avant la journée de Saint- Barthélémy. Cependant, toute raillerie à part, il se pourrait que M. de La Force eût quelque bénéfice à donner et il n'aurait su mieux faire que de choisir M. votre frère, tamque digniovein...

Vous ne devez songer qu'à vous présentement et, quoique vous ne paraissiez occupé que de votre plaisir, je suis persuadé que vous ferez quelque chose d'utile. Votre notaire Grégoire ne m'a jamais rendu que des réponses vagues sur les sept mille livres dont vous aviez besoin. Mandez-moi si vous voulez que je sois votre notaire moi-même. Je suis persuadé que je trouverai plus tôt que lui l'argent qu'il vous faudra, si vous êtes toujours dans la même intention.

Vous avez bien choisi votre héros. Sylla est un des hommes les plus curieux de l'histoire. Je ne sais si vous le faites parler sur l'abdication de la tyrannie ; mais c'est un des incidents de l'histoire des moins préparés et des plus surprenants'.

I. Ge:te lettre nous donne la date exacte de la composition du Dialogue de Sylla et d'Eucrate, qui parut dans le Mercure de février 1743, p. 61. Montesquieu le lut sans doute au club de l'Entresol, comme semble l'indiquer la présence de son manuscrit parmi les papiers de l'abbé Aiary (cf. la notice de Depping en tète des Œuvres de Montesquieu, Paris, Belin, 1817, t. I, p. xx). Quant à la lecture qu'il en fit, d'après

Mandez-moi ce que pense et ce que dit Fontenelle et son parti de l'oraison funèbre de Torsac ; cette polissonnerie me paraît aussi cruelle qu'une polissonnerie peut l'être et je me moquais sans le vouloir, en la lisant, de beaucoup d'endroits des éloges de l'Académie.

M. le Président Gombauld' est fort mal. Il n'y a rien de nouveau qui mérite votre attention. Je vous prie de faire mes compliments à M. Duchy% M. Duvigier' et M. Melon ^.

Je suis, mon cher Président, plus parfaitement que je ne puis l'exprimer, votre très humble et très obéissant serviteur.

Barbot.

A Monsieur, Monsieur de Montesquieu, Président à mortier du Parlement de Bordeaux, à l'hôtel de Transylvanie, faubourg Saint-Germain, — Paris.

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