Voyez la note i
lors qu'il se mariait avec une princesse plus grande que lui de toute la tête. On croit à Paris que c'est ou la princesse de Piémont ou la fille du roi Stanislas. On jette pourtant toujours les yeux sur M"^ de Sens, la princesse de Lorraine et la fille du prince de Galles.
Un valet de chambre de M. le prince de Conti, traversant, il y a quelques jours, un appartement de Marly, s'aperçut qu'on bouchait le trou d'une serrure; il s'arrête et voit par une fente qui avait été négligée deux personnes qui se caressaient de bon cœur; c'étaient M. l'abbé de Vauréal, maître de l'oratoire du roi, et M""' de Poitiers. Ce valet de chambre, qui sait le goût de son maître, courut d'abord avertir le prince de Conti, qui arriva assez tût pour voir le dénouement de la pièce. D'abord grand concours de courtisans et de femmes qui saluèrent l'abbé et la dame à la sortie '.
Voici quelques couplets de chanson sur Va.iv Ah! que Baville est aimable, contre le P. Tournemine, vice-président d'une assemblée de gens de lettres qui se tient tous les jeudis à la bibliothèque de M. le cardinal de Rohan-, qui en était le président:
Dieux, quelle est cette Académie Où Fréret passe pour savant Et dont, pour comble d'infamie, Tournemine est le président?
Dans cette halle du Permesse
Ne cherchez point de beaux esprits ;
1. Cette lettre de Barbot est à rapprocher de celle de Mathieu Marais, du lo avril (éd. Lescure, III, 3i5),qui parle aussi de l'apparition du Temple de Gnide.
2. Chez l'abbé Oliva; voyez la note de Guasco à la lettre 52g.
Ce sont bavards de toute espèce, Tournemine les a choisis.
Si ce corps remplit notre attente, Il sera célèbre en tout lieu ; 11 effacera les Quarante, Et Tournemine, Richelieu.
Pour perpétuer la lignée Des faux savants de ce temps-ci, Momus a conclu rh3-ménée De Tournemine et de Silly,
Vous savez mieux que moi que M"^ de Silly, sœur du marquis de Sill}', cordon bleu, tient chez elle tous les mardis un bureau de bel esprit.
Adieu, mon cher Président, aimez-moi toujours et croyez, s'il vous plaît, que je suis l'homme du monde qui vous est le plus dévoué.
Barbot.
Je crois fortement que vous avez fait Le Temple de Guide; faites-m'en l'aveu pour réparer votre silence. Je vous garderai le secret et je me comporterai comme vous le jugerez à propos, soit que vous vouliez rester inconnu, soit que vous ne soyez pas fâché que l'on vous connaisse auteur de cet ouvrage. Je ne veux point vous en dire encore mon avis.
60. — LE COMTE DE MATIGNON-GACÉ A MONTESQUIEU. Autographe. Arch. de La Brède.
A Paris, le i5 avril 1725,
La vie d'un courtisan, mon cher Président, est si ambulante, qu'à peine a-t-on le temps d'écrire à ses
DE MONTESQUIEU Jlj
amis; c'est la seule raison qui m'ait empêché de faire réponse plus tôt à vos deux lettres, qui m'ont fait un plaisir sensible. J'ai d'autant plus de regret à votre voyage de Bordeaux, qu'il me paraît par ce que vous me mandez que la succession en question ' n'est pas bien certaine; si quelque chose peut m'en consoler c'est l'espérance de vous revoir ici bientôt. Mandez-moi je vous prie quand viendra cet heureux jour et nous vous ferons ici une réception proportionnée à notre joie. M""^ de Grave a été fort incommodée- depuis votre départ: je ne doute pas que votre absence n'y ait fort contribué. Elle se porte mieux présentement; elle a commencé à sortir d'hier.
Il a paru ici un livre nouveau depuis votre départ, intitulé Le Temple de Guide, et le public, qui l'a trouvé bien écrit, n'a cru mieux faire, pour lui donner encore plus de mérite, que de vous en faire l'auteur. Mandez-moi ce que j'en dois penser et ce qu'il faut que je réponde à ceux qui m'en parlent.
On ne peut être plus sensible que je le suis à toutes les assurances que vous me donnez de votre amitié; soyez persuadé que rien ne peut égaler la mienne pour vous et que je serais charmé de trouver des occasions de vous en donner des marques.
Adieu, mon cher Président, je vous embrasse très tendrement.
Matignon \
M. le Maréchal'» est très sensible à l'honneur de