‹ Correspondance de MontesquieuChapitre 93 sur 433 · I. Gecmain-Louis Chauvelin, président au parlement de Paris · texte numérisé non relu

I. Gecmain-Louis Chauvelin, président au parlement de Paris

pièce. Enfin j'ai vu des lettres de Bordeaux, dans lesquelles on assure que vous êtes auteur de cet ouvrage. Je vous dis tout ce que j'entends dire, sans vous rien déguiser, afin que vous preniez vos mesures là-dessus et que vous puissiez ou vous cacher ou vous découvrir selon que vous jugerez plus à propos.

J'oubliais de vous dire que quelques-uns se fondaient pour vous attribuer cet ouvrage sur ce qu'il est imprimé chez Simart. Le président de Montesquieu, disent ces Messieurs, est ami du P. Desmolets; Simart imprime actuellement pour le P. Desmolets ', donc ce livre est du président de Montesquieu et c'est le P. Desmolets qui l'a procuré à Simart. Vous voyez comment les hommes raisonnent, je serai responsable, sur ce pied-là, de tous les livres que Simart imprimera dans la suite.

Voilà, Monsieur, tout au plus juste les choses telles qu'elles se passent. Je crois que vous me saurez bon gré de mon exactitude à vous informer de tous les bruits et de tous les contes du public. Cette semaine, sans faute, votre fidèle intendant aura de mes nouvelles et de l'argent, au moins il n'y aura pas de ma faute. Je crois que, si vous voulez donner des additions, il en est temps, autrement je crains que la mèche ne se découvre de plus en plus. Une autre fois, chantez vos maîtresses en public, mais ne les faites point participantes du mystère, ou qu'elles ne le sachent qu'après que la pièce aura été attribuée à un autre.

I. La Continuation des Mémoires de littérature et d'histoire (Je Salengre), Paris, Simart, 1726-1731, 11 vol. in-12.

Je VOUS remercie d'avance de votre attention à procurer à nos dames des fuseaux de Béarn. Je ne vous mande point des nouvelles, car excepté les explications en douze articles de Rome qui sont en français dans la Gazette de Hollande^ il n'y a de sûr que la réconciliation du prince et de la princesse de Conti et la nomination de M"« de Clermont pour surintendante de la maison de la Reine.

Je suis avec toute l'estime et le respect possible, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Desmolets, prêtre de l'Oratoire.

Mes sœurs vous assurent de leurs respects; je salue avec votre permission tous nos Messieurs. M. Desnoues a été indisposé et se porte mieux. Nous souhaitons vous revoir bientôt en cette bonne ville.

A Monsieur, Monsieur le Président de Montesquieu, en son hôtel, — à Bordeaux.

U. — MONTESQUIEU A M'"» BERTHELOT DE JOUY. Minute autographe. Arch. de La Brède.

[LaBrède, avril 1725.]'

J'ai reçu, Madame, avec un plaisir infini une réponse de vous, à laquelle, pour moi, M. de La

I. Cette lettre porte la date de 1723, de l'écriture ancienne.

Popelinière n'a aucune part; nous ne conviendrons jamais : vous voulez toujours mettre un tiers entre nous et je hais cela à la mort.

Je ne suis point l'auteur du Temple de Guide; ce n'est pas que je n'eusse de la tendresse de reste pour cela, maisje n'en suis point l'auteur "; je suis bien fâché de ne le point être, car, puisqu'un homme comme Aristée vous plairait, peut-être que celui qui aurait imaginé Aristée vous plairait aussi.

Je ne puis accepter le rendez-vous que vous me donnez à Belébat". Brûlez, s'il vous plaît, ma lettre pour votre honneur et pour le mien, parce que tout le monde ne sait pas qu'il y a cent cinquante lieues de La Brède à Belébat.

Je resterai ici encore quelques mois, amoureux de mes bois, de mon jardin, de ma solitude et de ma femme. Faites, s'il vous plaît, ma cour à M. Fagon. J'oubliais de vous dire que j'ai senti une joie infinie de votre raccommodement avec M""" de Prie^; c'était le sentiment de vos amis, et vos amis ont rarement besoin d'être plus raisonnables que vous. Je suis, Madame, — je parie que M. de Jouy m'a oublié — je suis peut-être la dupe, maisje compte encore plus sur M"'= de Berthelot^, que dis-je, sur M"= Sidonie-*. Je vous prie de parler de moi à ceux qui m'honorent de leur souvenir.

a) Biffé : M. Dodart me mande que le libraire qui l'a imprimé dit à l'oreille que c'est moi qui l'ai fait.

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