‹ Correspondance de Nicolas PoussinChapitre 108 sur 320 · Testament de 1643^ (traduction · texte numérisé non relu

Testament de 1643^ (traduction

Le 3o avril 1643.

Pour l'illustre M« Nicolas Pousin (fils de M« Jean, Français, de bonne réputation), bien connu de moi, et par la grâce de Dieu Tout-puissant, sain d'esprit,

cousin le cardinal-duc de Richelieu », il appelait pour le remplacer « notre très-cher cousin le cardinal Mazarini », cela pour le bien des affaires et « en sorte qu'il n'y aura aucun changement ».

1. Cette lettre a été dictée à un secrétaire, mais Mazarin, en la signant, a eu l'amabilité de renforcer la formule finale; le secrétaire avait écrit : votre bien affectionné serviteur. Mazarin a barré bien et a écrit au-dessus le mot très.

2. La cour y restera jusqu'à la mort de Louis XIII (14 mai 1643). Il est déjà fort malade.

3. Ce testament, en latin, est conservé aux Archives urbaines de Rome. Il n'en a pas été parlé dans les publications françaises relatives à Poussin, bien qu'il soit imprimé (avec les etc.), depuis 1886, dans le livre touffu, mais inégal, de A. Bertolotti, Artisti francesi in Roma, p. 108. M"* Em. F. S. Pattison, à qui Bertolotti l'avait communiqué, y a fait allusion dans un article de l'Art, 1882, p. 121. — A. Bertolotti le porte comme extrait des Testaments de Jacob Pizzutus, années 1640- 1644. Nous n'avons pas reproduit le texte latin, qui est plein de fautes, dont beaucoup sont évidentes : nobilibus pour mobilibus, Dugnet pour Duguet, el esse pour et esse, etc. Nous verrons, à propos du testament de i665, que rien n'égalait la négligence des scribes en matière d'orthographe, même des noms propres.

de sens, de la vue, de l'ouïe, de la parole, de rintelligence et du corps;

lequel, craignant le fait de sa mort future (car rien n'est plus sûr que la mort, et rien plus incertain que son moment), et ne voulant pas mourir intestat, ni qu'entre ses descendants et héritiers surgisse quelque procès ou diftérend, a fait ce présent dernier testament, dit en droit civil nuncupatif et non écrit de sa main*, de la façon et dans la forme qui suit :

Commençant donc par l'âme, comme plus noble et plus digne que le corps, et devant être mise avant toutes les choses humaines, il la recommande, avec piété et dévotion, au suprême créateur de toutes choses, à la Très Glorieuse Mère Marie, à toute la cour céleste et triomphante*;

Et il veut que son corps, après que l'âme en aura été séparée par la volonté divine, soit inhumé dans la vénérable Eglise paroissiale du lieu où ledit testateur aura passé à une autre vie, et il laisse pour la sépulture à cette église, etc.

De tous ses biens tant meubles qu'immeubles, créances et actions universelles, déposés et existants en quelque lieu et sous quelque mention que ce soit..., il fait, institue et désigne de sa propre bouche, pour sa légataire universelle, l'ill. dame Anne-Marie Duguet^ sa femme, à laquelle il laisse

1. La formule italienne nuncupativo seti^a scritti désigne un mode testamentaire qui serait nul aujourd'hui. Le testament nuncupatif était l'enregistrement, par la main d'un notaire, des déclarations verbales que le testateur, généralement incapable d'écrire ou de signer, lui dictait, en présence de sept témoins (dont on lira les noms à la fin du testament).

2. Ce paragraphe est la copie d'une formule usuelle, non l'expression d'une foi personnelle. On le retrouvera presque exactement dans le testament du 21 septembre i665.

1643] DE NICOLAS POUSSIN. igS

tous ses biens, à charge de payer 1000 écus à M« Jean Duguet, propre frère de lad. Anne-Marie et 2000 écus à l'Illustre Seigr Ferdinand del Po{io, fils de l'Illustre Seig. Charles Antoine* del Po\\o;

i5oo écus à Barbara et Catherine Cherabitto, filles de Sébastien, neveu de lad. Anne-Marie, desquels. 3ooo et i5oo écus, légués comme ci-dessus, la dame Anne-Marie, déjà nommée légataire universelle, doit garder l'usufruit, et non d'autres, etc, et parce que, etc.

Et il dit que ceci est son dernier testament et sa dernière volonté, lesquels il veut qu'ils valent comme testament nuncupatif et non signé de sa propre main.

Il fait exécuteur de ce présent dernier testament le Seig. Charles Antoine del Po:[^o, à qui il donne une ample autorisation, etc.

Fait à Rome par mon ministère, etc, en présence de :

jo l'ili. M« loe Antonio Cincio, fils de défunt Marco, de Tibur;

2°. l'ill. Seig. Antonio Gattaio, fils de défunt Aristote, Romain;

3®. M« Julio Siracchi, de Parme;

4°. l'ill. M* Andréa Camillo, de Sancto-Gemino;

5® M« Cesare... Salusto, de Colle Valentino;

6°. l'ill. M« Silvestre Bontempo^, citoyen romain.

Page 1