‹ Correspondance de Nicolas PoussinChapitre 114 sur 320 · Deux est très lisible (Quatremère, p. 124 : dix · texte numérisé non relu

Deux est très lisible (Quatremère, p. 124 : dix

les dorer pour la somme de septante écus les six. il m'a semblé qui réusiroint plus riches de les faire dorer entièrement que de faire quil yen eust de couleur de cher, cela a trop de son pauure homme et du S."^' de village. J'aurei l'œil ouuer affin que le tout se face dilligemment et comme il appartient. Du reste, je suis raui que vous m'ayés honnoré de cette commission et ne la cèderei point à d'autres sependans que j'y pourrai vasquer. et je sais bien pourquoy.

Monsieur Errard vous a escrit que tout aloit bien à farnese il estvray. Mais non pas très bien. Car premièrement Mignar ha fet sa copie différente de collons de l'original autans comme il y a du jour à la nuit, du reste sans l'auoir fet voir ni à moy ni à Monsieur Errard. il se l'est retirée chés soy là oij il la fet coppier. Du reste quand je luy ay demandé le pris il m'a dit ne la pouuoir pas donner à moins de quatrevins escus et de plus quand la copie seroit finie dens deux mois d'icy Voilà pour celui là en quel estât est la chose

Le Vieux a fini une de ses coppies, c'est assauoir la Vierge à micorps qui lèue un voile de dessus son petit Crist. elle est coppiée moyennemen bien. Celuylà du moins s'acommode alla Raison et se contente de vintecinq escus

Le Napolitain Cique"^ est celuy de tous comme je crois qui imitera mieux la Vierge surnommée de la gatta.

Mais il est si Ions que c'est une mort, elle n'est pas

1. Poussin a plutôt écrit : 5r (seigneur) que 5* (saint) de village.

2. C'est Ciccio francisé. On francisait presque tous les noms propres : les Barberins (Barberini), Quérasque (Cherasco), Mazarin, Maldaquin, etc.

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finie à la moitié. Nous sommes conuenus de pris et compris les arres quil a repseus il se contentera de septante escus, il me semble que ce n'est pas trop pour le trauail quil y a. Le susdit Vieux a esbauché la mesme mais il ne peut y trauailler que quant l'autre l'aura finie. Je donnerei demain un peu d'argent au dit Cique affin de l'obliger à promtement finir l'ouurage commensé. Le sieur Nocret fet le diable je ne sais pourquoy il a fini la vierge à destenpre d'après le parmesan ^ tellement quellement. (Néanmoins que depuis je luy ay fet retoucher en plusieurs lieux) il n'en veut rien moins de trentecinq escus. Et se qui est destrangement fascheux il s'est mis en teste de ne pas finir les portrais qu'il a commensés, n'alegans point d'autres escuses sinon quil trouue à gagner dauantage que en les fesans à moins de soisante ou septante escus. quand à moy je demeure muet quand je vois des gens de ce calibre là prétendre de si grandes récompenses de ce qui font. Il me desplaist extrêmement que deuans que vous vous soyés parti vous n'ayés terminé de prix auec tous ceux que vous employés; maintenant que vous estes absent et qui voyent quil ni a que moy qui procure que vos afîeres aillent à vostre satisfaction, il se sont secrètement accordés se voyant es mains et les aduances et l'œuure de tenir bon et de se faire et courtiser et payer à leur mode.

En tout cela néanmoins il y auroit une médiocre difficulté, si ce n'estoit que je ne scais pas vostre volonté ni ne peus comprendre en quelle manière vous aués fet vostre compte Cela fet que je vas fort

I. Francesco di Filippo Mazzola, surnommé il Parmegianino (11 janvier 1504-24 août 1540).

reserué. Car vous m'écriués ainsy : l'argent que je vous enuoye seruira pour payer les copies que jay fet faire à farnèse, les chandeliers, le tableau de S' Pietro in Montorio', le tableau de Fonligno^ et les quatres copies de chés Monsieur le Cheuallier du puis oultre qu'il faudra despenser à les faire porter enquesse et autres. Vostre manière descrire m'a fet penser que vous désiriés peu despenser pour chasque chose. Ce qui fet que j'iray ménageant le mieux quil me sera possible vostre argent sans atendre la response de celle si car il nia personne qui vouleust tant atendre. Entre toutte les choses qui se passent icy touchant vos affaires merueilleuse^ est la strauaganse du Signeur Chaperon ^ lequel après nous auoir remis de jour à autre, et n'ayans jamais vouleu trauailler pour vous depuis vostre départ jusques à maintenant en fin il dit quil a eu lettres de Monsieur Renard^ comprinse dens celles que ledit renard a escritte à monsieur Passart. qui disent que vous aués dit tant de

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