‹ Correspondance de Nicolas PoussinChapitre 138 sur 320 · S'agit-il d'un portrait en cire, comme par exemple celui · texte numérisé non relu

S'agit-il d'un portrait en cire, comme par exemple celui

pour M^ Le Maire et une autre pettite quaisse àpart. de sorte que elles sont dix en tout, elles sont touttes cignées de leur nombre particulier, comme 1234 56789 10 à chascune en teste est l'adresse ainsi : Chés M5'/ de Noyers à Paris. Elles sont touttes contresignées de vostre arme. C3me il y a à touttes la figure d'un flasque^ pour monstrer et faire entSdre que se sont choses suiettes à rompre. Le tout est dilligemment enquaissé, lié et garotté de bonne cordes. Le nom de chasque portrait est en un billet en chasque quaise. L'on les mandera par le destroit ainsi l5 a résolu après auoir bien pensé aux autres moyens. Le marchand que l'on doibt recepuoir à Rouen pour vous les faire tenir à Paris se nomme Jan Turgus.

Pour ce qui est de la lame d'argent pour Loreto. elle est acomplie et si se n'eusi esté un peu de mal que jay eu aux genous je l'aurois consignée au père Charles. Se sera dieu aidans pour un de ses jours II ne faut point que vous croyés qu'il y en aye une autre de fette car au parauant que d'auoir ordonné celle si l'on s'est informé dilligemment si à Loreto chés quelque argentier il y auoit quelque chose de commensé ce que les pères Jésuites n'on point trouué de manière que seus qui vous ont donné à entendre le contraire vous ont trompé, que vous m'ayés mandé une autre lettre que celle que jeus de vostre par touchans cette affere je n'en scais rien. Mais à cette fin que vous ne croyés pas que je vous aye serui à l'estourdie. Je vous remanderei vostre propre lettre et vous voirés ce que vous m'aués ordonné de faire.

de Louis XIV, conservé à Versailles, dans sa chambre à coucher?

I. Poussin esquisse en marge, non un « flasque », mais un croissant placé horizontalement, les cornes en haut, et dans lequel s'entrecroisent deux palmes.

Et parceque il ne reste maintenant que à faire finir la coppie que M^ Le Maire a promis de finir. (Car pour le tableau de S* Pietro Motorio il ne faut point penser de le faire finir, personne ni veut atendre et mesme il est impossible là où est maintenant l'original) du reste je n'ay point de lieu chés moy où je le peusse mettre et de le rousler il se gastera en for peu de temps. C'est pourquoy je vous y laisserei auiser. Du reste quand Chaperon retourneroit icy je ne veux auoir à faire à luy non plus que au diable qui l'acompagne. Je vous enuoye vostre conte ci inclus là où par le meneu vous pourrés cognoistre en quoy jay employé vostre argent, et ensemble ce qui vous aduâsera. plusieurs fois je vous ay escrit que j'auois repseu et fet accepter la lettre de change des quatrecens escus. qui ont serui avec cinquante autres à paier les huit bustes sudits.

Je ne tarderei guère à commenser le tableau que vous me commandés que je face et se sera des meilleurs pinceaux que jaye. vous assurans bien que toutte les forces me manquer5t si n'est le meilleur de tous ceux qui sont sortis de mes mains.

J'atens vostre response sur ce que je vous ay mandé des coppies de M"; le Cheuallier du puis et puis nous nous gouuernerons selO vostre désir.

Je prie à dieu que M^ donne une bonne mortification à ce laron et ignare de Jaquelin^ il mériteroit que l'on le pendit par les génitoires.

Je prie dieu encores de tout mon coeur que les

I. Jacquelin, intendant des bâtiments, avait dans ses attributions tout ce qui touchait aux bâtiments du roi et aux artistes logés au Louvre. Il paraît avoir été un des principaux adversaires de Poussin (voir H. Chardon, Les Fréart, p. 47).

belles délibérations de Nostre prinsesse' ne soient jamais détournées d'aucun malheureux obstacle affin que la postérité puisse voir quelque signe de grandeur en Nostre Nation. Mais mon cher maistre nous sommes en un étrange ciècle. dieu omnipotent vous tienne tousiours en sa protection et vous face prospérer en toutte sorte de biens

Monsieur Vostre trèshumble et trèsobéissant seruiteur

Poussin

Le bonhomme Tibaut se recommande fort à vos bonnes grâces. J'ei oublié à vous dire que l'on vous enuoyera plus d'un modelle pour poser vos bustes, quand vous les aurés.

Je vous mande une lettre que ce charlatan de Vitelleschi vous escrit, il dit quil désireroit fort auoir des nouuelles de M^ de la Varenne.

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