‹ Correspondance de Nicolas PoussinChapitre 142 sur 320 · Poussin a Chantelou · texte numérisé non relu

Poussin a Chantelou

(Ms. 12347, fo'- "2.)

A Monsieur de Chantelou^ paris.

[M. Poussin <?« mars 1 644.

Tibault.

Quil a enuoyé la lame pour linscription de Lauretto et quil cherche quelque pensée de tableau pour moy.]

A Rome Ce. S'»?»*' Mars. 1644.

Monsieur

Ne pouuant faire autrement Jay tardé jusques à présent à faire response à la vostre dernière du 5me feburier. tous les chefs de laquelle je respondray maintenant sans rien obmettre. Vous n'estes plus en paine de la lettre de change que vous me mandastes pour paier les bust du Vitelleschi vous ayant escrit par plusieurs fois que je l'auois repsue.

Les lettres que vous mandiés au gouuerneur de Lorette lui furent assurément mandées par le moyen du bon père Charles.

Les bust que vous mesme vous choisîtes chés Hipolite Vitelleschi ont été payés de vos quatrecent escus mandés dernièrement y goint cinquâte de vos huit cens et trentetrois escus. Je vous ayescript que je les auois fet embarquer par le moyen de M^ Guillaume despior et Pierre Ravel Marchands françois pour vous les faire tenir. Je vous ay mesmement enuoyé là leur police, et fet encore scauoir le nom de leur cor-

I. Le copiste de l'Institut (et Quatremère après lui) date cette lettre du 18 mars. Poussin et Chantelou ont cependant écrit fort lisiblement la date du 8.

respondant à Roen. d'autans que nous vous les mandasme par le destroit. à celle fin que tardans trop vous vous puisses informer du dit correspondant et scauoir s'il en a des nouuelles ou non. Avec la mesme lettre et police je vous enuoyas le compte de l'argent que jay employé pour vos affaires de pardesà et en suitte se qui vous reste.

Je me trouue extrêmement consolé de l'estat où vous espérés que seront bientost dieu aydans les afferes de Monseigneur et que vous trauailliés comme d'autres vertueux Hercules de purger le monde de tirans de larons et de hideux monstres dont nostre pauure France, [qui est] est toutte misérablement infectée dieu vous donne la grâce d'en venir à chef^ J'atens auec impatiense vostre résolution touchant ce que je vous ay escrit des coppies de chés M^ le Cheuallier du puis, car jay empesché que l'on les aye commencée, et à bonne fin et auec bon respect, mais quand finalement vous les voudrés il ni aura empeschement aucun.

Monsieur Thibaut ces esuanouy de joye en lisant ce que vous m'ordonnes de faire pour luy et de l'espérance que vous luy donnez pour l'aduenir. Le pauure garson auoit bien besoin no*"^. de vostre Ayde. A tout hasars je luy auois donné oultre les vint escus de vostre argent ainsi que vous voirrés sur vostre compte que si par hasar vous n'en eusiés pas esté content je vous les euses remboursés du mien. Mais

1. « Mettre à chef on venir à chef signifie achever, venir à bout. Cette expression est vieille et surannée. » Dict. de Furetière.

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