‹ Correspondance de Nicolas PoussinChapitre 152 sur 320 · Voir, sur ce personnage, les Notes complémentaires · texte numérisé non relu

Voir, sur ce personnage, les Notes complémentaires

fois. Nous sommes en atendans les nouuelles de l'ariuée car si le veseau là où ils furent embarqués aura eu bon temps il doit estre proche d'Amsterdam. Si vous en auiés nouuelle plustost que nous vous nous ferés la faueur de nou oster de peine Nous ferons le mesme à vous en vous mandans les nouuelles que nous en aurons aprise.

Je scais bien que l'atente de se que l'on désire [de] posséder est une peine des plus grandes que l'on puisse souffrir mais comme vous estes modéré en toutte chose je crois que vous le serés enquore en Patente de vos tableaus. Jay esbauché le premier fort nettement de sorte que l'on peut juger se quil pourra estre estans fini. Mf le Cheualier du Puis l'est veneu voir qui néanmoins quil face bonne mine l'on voit bien quil luy desplairoit si les sudit tableaus demouroint à Rome. Mais parceque ils vont entre vos mains et bien loint d'icy il boit le calice avec moins de contrecœur. Il a esté estonné de voire sur un mesme subiec une disposition si diuerse et des actions de figures toutte contraires aus siennes, mais en fin il faut quil souffre et luy et les autres de voir un de vos seuls tableaus qui promet valoir mieus que tous les siens ensemble. Je vas commencer le second, en atendans que seluy si se sèche bien, qui est chose assés importante en la peinture, et pour vous donner à cognoistre combien je suis désireus de vous satisfere et de vous seruir. jei fet atendre M»; l'Euesque de Constanse jusques à maintenant sans rien faire pour luy néanmoins quil y ay un long temps quil est passionné pour auoir quelque chose du mien. M."" de Tou' quil y a fort longtemps que je cognois famil-

I. Jacques-Auguste II de Thou (1609-1677), frère de l'ami de Cinq-Mars; premier président d'une des chambres des enquêtes

lèrement désiroit que je luy fisse un trespassement de Crist en Crois et me le paioit trèsbien. Mais jei délibéré de laisser cette pratique pour atendre à la promesse que je vous ay fette. Le reste des choses qui me sont demandée de bon lieu et de bonne par je n'en parle pas car il sembleroit que se seroit pour me fère valoir. Il suffit que je dresse toutte ma pensée à vous seruir et vous fere quelque chose de meilleur que je n'ai fet par le passé, sans vouloir penser à autre chose. Je vous prie de vous en assurer.

Si tost que j'en aurei acompli quelcun je vous le manderei incontinent ainsi comme vous le désirés.

Je ne manquerei pas d'aler ses festes voir les pères de Sj Pierre Montorio pour retirer de leurs mains la coppie du tableau de Raphaël la retirans chez moi ou roulée ou autrement et quand je rencontrerei l'occasion de vous l'enuoyer je la ferei encaisser avec la coppie de la Vierge que le sieur Le maire vous a fette (si au parauant je ne resois quelque nouuel ordre de vous) et vous les enuoyerei.

Le bon M^ Tibaut atend auec bien de l'impatiense la lettre que vous luy aués promise il m'a prié de vous présenter ses baisemains et vous faire * souuenir de luy en sa nécessité.

Il ni a rien de nouueau en cette ville qui mérite vous estre escrit L'on atent seullement de jour à autre Mo"" le Cardinal de Lion^ Nostre S'. Père se porte bien et l'on ne dit autre

Monsieur Vostre trèshumble et trèsobeissant Seruiteur

Poussin

au Parlement de Paris, exilé en i652, ambassadeur en Hollande, 1657. Il augmenta la splendide collection de son père. I. Alphonse-Louis du Plessis de Richelieu, frère aîné du

Ma femme et mon frère vous baise très humblement les mains'.

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