‹ Correspondance de Nicolas PoussinChapitre 174 sur 320 · Poussin a Chantelou · texte numérisé non relu

Poussin a Chantelou

(Ms. 12347, fol. 141.)

A Monsieur de Chantelou, A Paris.

[M. Poussin dernier auril 1645.

Qtiil a trouué trois belles testes antiques.

Et quil ne pourra meuuoyer qu^un tableau.

Que sijauois changé de dessein il les gardera po[

luy.]

A Rome Ce dernier Auril 1645.

Monsieur

Vostre dernière m'a osté d'une peine trèsgrande où je me trouuois. Car n'ayant point reseu de vos nouuelles en un'long espase de temps je craignois que vous ne fussiés retombé malade. Or maintenant que je suis certain de vostre entière garison je m'en résiouis comme ayant recouuert le plus grand trésor que l'on ay en se monde. Je suis très joyeus de scauoir que Monseigneur est en bonne santé'. Mais d'autre part vous me fettes une mortification quand vous dittes quil me veut remersier des assistances que jei donnés à Mo^ de la boissière^ à son ariuée à Rome veu que je ne l'ay de rien serui ains je crains plustost de l'auoir

1. M. de Noyers avait conservé, dans sa retraite, quelque part d'autorité (voir le brevet du pe\nX.rtfiocTt\., Arch. de l'Art français^ t. V. Documents, m, p. 2o3).

2. « Il (M. de Noyers) a laissé un pauvre benêt de fils » (Tallemant des Réaux, Hist., t. II, p. i5), et en note : « Le fils de M. de Noyers, appelé La Boissière, ne manque nullement d'esprit; c'est une espèce de visionnaire et d'avaricieux qui mène une vie retirée, et qui ne s'occupe guère à rien. On a retiré sur lui la terre de Dangu que son père avait achetée sans prendre bien garde à sa sûreté. Il l'a perdue; il vit encore en l'an 1672. »

1645] DE NICOLAS POUSSIN. 3o I

importuné, plust à dieu que je l'eusse peu fere mais il a vouleu réseruer cet honneur là à quelcun qui mérite plus que moy qui suis inutile, et qui n'ay que la bonne volonté, qui véritablement ne se verra jamais diminuer à l'endroit de tous ceux qui appartienent à MOseigneur.

Auiourdhui jei esté présenter A Monsieur du Noiset la lettre que vous luy mandés la quelle il a repsue courtoisement et après l'auoir lue il m'a assuré quil auroit soin particulier de l'affere que vous lui recommandés, de mon costé je serei dilligent soliciteur de la mesme chose.

Jei esté chés le Signeur Arrigoni banquier à Rome correspondant de Monsieur Lumague à Paris, pour reuoir la lettre de change que vous m'enuoyaste dernièrement là où nous auons trouué que le payement qui m'ont fait est bon et juste, et que la quittanse que jei fette n'est que de quatre cents seize escus de dix Jules de soixante baioques'. Voisi une descharge que jei tirée de la propre main dudit Arigoni. où estoit présent M^ Gierico bancquier françois et Monsieur Tibaut. Je vous enuoye la ditie descharge enclose en cette présente, de manière que vous pouués cognoistre d'où vient que l'on vous veut fere rembourser cinq cens escus — Mais de cela vous traictterés auec M^ Lumagne.

Sur donc l'argent qui vous auance qui sont trois cent et vint trois' escus je continuerei à payer dix escus par mois au bon M^ Tibaut et se quil sera besoin de débourser pour le négose de l'aumosnier de Monseigneur, le reste demeurera en lieu assuré en

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