Poussin a Chantelou
(Ms. 12347, fol. 162.)
A Monsieur De Chantelou Le Jeune*, A Paris.
[M. Poussin 8 auril 1 646.
I. Paul Fréart de Chantelou était né le 25 mars 1609. Ses deux frères étaient plus âgés que lui : Jean Fréart (M. de Chantelou l'aîné), né le i5 février 1604; Roland Fréart (M. de Chambray), né le i3 juillet 1606.
// tesmoigne lajoye quil a que jaye receu le tableau de la confirmation.]
De Rome Ce 8"?« Auril. 1646.
Monsieur
Vostre dernière lettre m'a raui le Coeur de contentement et de joye d'auoir entendu par icelle que vous aués repseu bien conditiOné vostre tableau de la Confirmation. Je vois tous les jours ariuer tant de disgrâces à nos Courriers que quand je leurs consigne quelque chose pour vous faire tenir je n'ay jamais de bien jusques à tant que j'aye repseu les nouuelles de son ariuée à Paris. Je suis donc grâces à dieu hors de cette peine. J'espère que nous aurons bientost nouuelles de l'ariuée de vos bust ou à Arles ou à Lion. Je m'assure bien que vous aurés repseu la lettre d'embarquement que je vous Ay enuoyée. Par la mesme occasion et à mesme temps j'aurois enuoyé vostre coppie de S'. Pierre in Montorio. Mais je ne scauois pas encore si vous vouliés que je vous l'enuoyasse. Je ne manquerei pas alla première cQmodité de vous l'enuoyer. Vous aurés repseu au mesme temps le conte de la despense que jei fette de vostre argent. Si vous le trouués bon. J'en atens un mot de descharge, en ce fesant j'aurei occasion de me contenter grandement et vous m'obligerés à chercher les moyens de vous seruir de mieux en mieux à l'aduenir.
Jei enuoyé vostre lettre à M^ le gouuerneur de Loreto qui la recepuera assurément.
Je n'ay point encore commensé le petit tableau de Monsieur de Chantelou vostre fraire d'autans que jei les mains à une chose que je ne veus pas quitter quelle ne soit fette, alors j'aurei l'esprit libre et ne m'apliquerei à autre chose que à vous seruir.
Je ne m'aresterei pas dauange à répliquer sur les | louanges que vous fettes sur le tableau que vous aués repseu le dernier, mais je m'efforserei bien de mieux fere celuy que maintenant je vas commencer —
Monsieur Vostre trèshumble et trèsobéissant Seruiteur
Le Poussin.