‹ Correspondance de Nicolas PoussinChapitre 294 sur 320 · Poussin a Félibien · texte numérisé non relu

Poussin a Félibien

{Entretiens, p. 46.)

« Le Poussin se trouvant dans l'impuissance d'exécuter de la manière qu'il faisoit auparavant toutes les riches pensées que son imagination ne laissoit pas de lui fournir, ne pensoit plus qu'à la mort. Il me souvient que lui ayant écrit vers ce temps-là, il me fit réponse au mois de Janvier i665. Voici sa lettre.

Je n'ai pu répondre plutôt à celle que Mr. le Prieur de Saint Clémentine vôtre frère me rendit quelques jours après son arrivée en cette ville, mes infirmités ordinaires s'étant accrues par un très-fâcheux rhume,

ï. A est écrit deux fois.

2. Jacques Félibien, ne à Chartres en i636, mort curé de Vendôme le 23 novembre 1716.

l665] DE NICOLAS POUSSIN. 461

qui me dure, et m'afflige beaucoup. Je vous dois maintenant remercier de vôtre souvenir, et tout ensemble du plaisir que vous m'avez fait de n'avoir point réveillé le premier désir qui étoit né en Mr. le Prince d'avoir de mes ouvrages. Il étoit trop tard pour être bien servi. Je suis devenu trop infirme, et la paralysie m'empêche d'opérer. Aussi il y a quelque temps que j'ai abandonné les pinceaux, ne pensant plus qu'à me préparer à la mort. J'y touche du corps, c'est fait de moi.

Nous avons N. qui écrit sur les œuvres des Peintres modernes, et de leurs vies. Son stile est ampoulé, sans sel, et sans doctrine. Il touche l'art de la Peinture comme celui qui n'en a ni théorie, ni pratique. Plusieurs qui ont osé y mettre la main ont été récompensez de moquerie, comme ils ont mérité, etc.

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