‹ Correspondance de Nicolas PoussinChapitre 312 sur 320 · Voir p. 449, lignes 4 à 12 (sur la Vierge en Egypte · texte numérisé non relu

Voir p. 449, lignes 4 à 12 (sur la Vierge en Egypte

2. Nous ne pouvons mieux placer qu'après cette dernière traduction italienne les remerciements les plus vifs que nous devons à M. L. Hautecœur, professeur à l'Institut français de Saint-Pétersbourg; pour la traduction des textes italiens, il a bien voulu, avec une parfaite obligeance, nous aider de multiples indications.

Sur l'écriture des lettres de Poussin.

I. — Lorsque Ton confronte l'écriture des manuscrits dits communément « lettres de Poussin », on les groupe, sans hésitation, en deux catégories bien distinctes :

1° Le ms. 12347 de la Bibliothèque nationale, dont le texte démontre surabondamment l'incontestable authenticité, est d'une écriture presque droite, peu aisée, et qui trahit ce « tremblement de main » dont Poussin se plaint souvent. La lettre du 18 février 1664, à l'abbé Nicaise {n. a. fr. 28), émane aussi, sans doute possible, vu l'identité d'écriture avec le ms. 12347, ^^ ^^ main même de Poussin. — A défaut des manuscrits, on se convaincra de ce qu'est vraiment l'écriture de Poussin en rapprochant le fac-similé de cette édition et celui publié dans VHistoire des peintres, de Ch. Blanc, à la fin du fascicule sur Poussin. Ces deux fac-similés, avec celui du Discours sur Nicolas Poussin, de Raoul Rochette, en 1843, sont indiscutables.

20 Par contre, le billet du ler mars 1641 (Bibl. nat., n. a. fr. 20809, ^o^* ^^1 ^st d'un aspect tout différent. Il est tracé avec élégance, d'une écriture penchée, courante, fleurie, d'allure italienne. M. V. Advielle rapporte d'ailleurs (Recherches sur Nie. Poussin, p. 128) l'opinion si autorisée de M. Charavay, qui affirme nettement la distinction des deux écritures.

Nous avons constaté que l'écriture de la lettre des 14 juin et 20 décembre 1641 appartient au même type,

comme sans doute toutes les lettres en italien, et aussi, croyons-nous, le fragment de lettre du 22 novembre 1642 publié en fac-similé dans le Magasin pittoresque de i856, p. 195.

II. — Qui a écrit ces lettres du second groupe, que nous proposons d'appeler les lettres du secrétaire par opposition avec les lettres autographes de Poussin?

a) L'archiviste Gence (1755-1840), dans son article sur Poussin de la Biographie Michaud, nous apprend que « ... D'autres lettres du Poussin, mais en italien, au chevalier del Pozzo, imprimées dans les Lettere pittoriche, étaient possédées en original par Dufourny. M. Castellan les soupçonnait écrites presque toutes de la main du Guaspre, sauf quelques lettres autographes ou mêlées de l'écriture de Poussin; cette conjecture se trouve confirmée par le caractère analogue de la copie manuscrite du Traité de peinture de Léonard de Vinci, accompagnée de dessins faits pour ce traité par le Poussin, et donnée à M. de Chambrai de Chanteloup, qui en a publié une version française en i65i. »

Les preuves matérielles manquent pour attribuer au Guaspre ces « lettres du secrétaire ». La Bibliothèque nationale et le British Muséum ne possèdent aucun autographe de lui, et de plus, Ch. Blanc, dans son fascicule sur le Guaspre {Histoire des peintres, p. 4), écrit : « D'après ses biographes, le Guaspre ne quitta point l'Italie. » Or, sauf une, datée de Lyon, toutes ces lettres sont écrites de Paris.

b) A notre avis, ces « lettres du secrétaire » sont de la main de Jean Dughet, frère du Guaspre et neveu de Poussin. Nous possédons un autographe certain de Jean Dughet, sa lettre du i" décembre i665 à Chantelou, fol. 259 du ms. 12847 • la comparaison de cette lettre avec le billet du ler mars 1641 (n. a. fr. 20809), écrit vingtquatre ans plus tôt, nous paraît révéler la même main (par exemple dans les lettres R, d, P). Nous savons, par Poussin lui-même [à Chantelou, 23 août 1643 : « J'ay prié fra Jouanin de vous écrire se mot... »], que Jean Dughet lui servait, à l'occasion, de secrétaire.

Sur le filigrane du papier des lettres.

La question de l'authenticité des lettres de Poussin que l'on pourra découvrir ultérieurement comporte, entre autres points, l'examen du papier qui les portera. Le format des lettres du ms. 12347 ^^^ assez variable : il est généralement d'environ on»28 X omao. Souvent Poussin a pris une feuille simple et l'a pliee en deux pour avoir quatre pages. Les filigranes consistent parfois en simples raies verticales et parallèles (comme la lettre du 20 décembre 1641), mais ils présentent assez souvent des dessins compliqués et assez artistiques.

Les filigranes des feuilles du ms. 12347 peuvent se classer ainsi :

L — Dessins contenus dans un « rond » (d'environ o^oS de diamètre) :

a) Une croix latine dressée sur 3 montagnes entassées : fol. 17, 99, io3, 104, 107, 206;

b) Une croix de Malte dans le rond, surmonté d'une croix latine : fol. 188;

c) Un cygne vu de profil et posé sur 3 monts : fol. 89, 90, 93, 94, 191, 193, 196, 210;

d) Un cygne sur une boule : fol. 89, 90, 93, 94, 141, 143, 209;

e) Un cygne simple : fol. 21, 23, 172, 190, 216;

f) Une ancre dans un rond, surmonté d'une étoile : fol. i3, 16, 197, 198, 207, 221, 222, 23i, 232, 234, 239, 245, 248, 25 1, 258.

g) Une étoile au-dessus de 3 monts : fol. 82, 110, ii5, 116, i3i, i33, i38, 175, 177, 178, 179;

h) Une grande étoile à 6 branches, inscrite, avec un rond au centre : fol. 233, 236, 240, 242, 260.

IL — Blasons et écussons divers :

a) Très grand écusson, avec un cor de chasse, et au bas, un cœur pendant : fol. 72;

APPENDICES. Soi

b) Grand écusson, avec un lion barré : fol, 85, 86, 149, i5o;

c) Armoiries de divers prélats : fol. 5, 8, 10, n, i5i, 02, i85, 186, 214;

d) Avec couronne fîeurdelisée et, dans un cartouche : MI : ler mars 1641;

e) Écussons de France et d'Orléans : fol. 3.

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