Poussin a Cass. del Pozzo
(Bottari, t. I, p. 273.)
Al Sig. Commendatore Cassiano del Po:{^o.
Potrebbe essere, che ella mi stimasse importune, et impertinente, poichè dopo avcr ricevute tante cortesie di casa sua, quasi ogni volta, che io le scrivo, devo dimandarne qualche ricompensa. Ma judicando, che quel che Ella mi ha fatto, è stato, perché ell' è dotata di buona, nobile, e pietosa natura, mi sono assicurato ancora questa volta di scriverle questa présente, non potendo io medesimo venire a salutarla per amor d'un' incomodità, che m'è intervenuta, per supplicarla di tutte le mie forze d'ajutarmi in qualche cosa, avendone di bisogno tanto, perché la più parte del tempo io sono infermo, quanto che io non ho nessuna entrata per vivere, che il lavoro délie mie mani.
I. Ce texte n'est connu, comme celui de plusieurs autres lettres, que par la copie insérée par Bottari dans ses Lettere pittoriche, t. I, p. 273. La note de Bottari est curieuse : « Cette lettre seule est de la main du Poussin et paraît un billet écrit de Rome. Pour réponse il eut 40 écus. » — Elle donnerait à penser que Bottari n'a publié ses lettres de Poussin que d'après des copies, — sauf celle-là qui lui serait venue en original. [Note de Ph. de Chennevières.J
3 CORRESPONDANCE [iÔSq
Ho disegnato l'elefante, del quale (perché m' è paruto, che V. S. Illma n'aveva qualche desiderio) gliene farô un présente; essendo dipinto con un Annibale montato su, armato ail' antica. Per i suoi disegni, ci penso ogni dl, e presto ne finirô qualcheduno. Il più umile servo de' suoi
Pdssino.
Au Seig' Commandeur Cassiano del Po\:{o ' .
Il se pourrait que Votre Seigneurie' m'estimât importun et indiscret puisque, après avoir reçu tant de politesses de sa maison', presque chaque fois que je lui écris, j'ai à lui demander quelque récompense. Mais jugeant que ce qu'elle m'a fait est l'effet d'une nature bonne, noble et secourable, je me suis enhardi encore cette fois à lui écrire la présente, ne pouvant moi-même venir la saluer à cause d'une incommodité qui m'est survenue, pour la supplier de toutes mes forces de m'aider en quelque chose, en ayant tant besoin^, car la plupart du temps je suis malade, encore que je n'aie nul moyen de vivre que le travail de mes mains. J'ai dessiné l'éléphant, dont je lui ferai présent (parce qu'il m'a paru que V. S. Ill™« en
1. Cassiano del Pozzo, l'illustre protecteur de Poussin, i584- 1657. — Voir, sur C. del Pozzo : J. Dumesnil, Histoire des plus célèbres amateurs italiens, Paris, i853, p. 467 et suiv. Et surtout : Lumbroso, Noti:fie sulla vita di Cassiano del Po^^^o, Turin, 1875.