Lecture douteuse : M. de Chennevicres lirait convoitait
4. L'abbé Mondin, Piémontais, était l'un des négociateurs de Richelieu en Piémont en 1639. Il s'attacha plus tard à
de trois de vos lettres dont les deus dernières sont datées du deus et cinquiesme juin. Par la première J'ay admiré la vertu et grande hardiesse de Monsieur Gasion'. Mais la souuenanse que vous aués de l'affaire de Monsieur le Cheualier du puis oblige tout le monde à croire que vous estes le gentilhomme du monde le plus porté à faire du bien et faire des grâces au jens de mérite. Véritablement il ne scauroit vous ariuerunplus beau subiect, pour exercer vostre vertu et montrer vostre crédit que celui-cy. Tout freschement j'en ay repceu des lettres par lesquelles il me prie de vous faire souuenir de sa juste cause et de le fauoriser. Vous aurés, je crois, entendu ses raisons et s'il plaisoit à Monseigneur les considérer. Je crois qu'il luy sembleroit chose peu conuenable que une grâce fette du Pape de mouvement propre à un seruiteur effectif du Cardinal Son Nepueu^, et qui mérita de le seruir dès le commencement du pontificat, n'ayans eu jusques à présent aucune récompense
Mazarin, dont il obtint de bons bénéfices et un canonicat à Notre-Dame. « C'est un homme qui est fin et rusé », dit Guy Patin, « qui se connoît à tout, grand mercadan à troquer, acheter, vendre et revendre ». Voir L. de Laborde, Le palais Ma:^arin, p. 198.
1. L'intrépide Gassion , 1609-1647. — M. de Chennevières signale ici qu'il s'agit de l'audacieuse prise de la petite place de Lillers, par Gassion, au commencement du siège d'Aire (fin de mai 1641). Cf. Mercure français, t. XXIV, p. 61-62. M. de Chantelou était alors en mission près de Gassion (voir H. Chardon, p. 48).
2. On peut dire que la vie de Poussin, depuis son arrivée à Rome, en 1624, s'est déroulée dans la clientèle des Barberini. Leur puissance venait du long pontificat d'Urbain VIII (Maffeo Barberini, né en i568, élu le 19 juillet 1623, mort le 29 juillet 1644). Le plus illustre des neveux du pape était l'aîné, Francesco Barberini (1597-1679), envoyé en mission en France et en Espagne pour essayer de régler l'affaire de la Valteline (1625-1626), vice-chancelier de la cour de Rome, fondateur de la célèbre bibliothèque Barberine.
sinon bien petite, et ne trouuant aucun empeschement alla grâce repceiie, estans subiec originaire de Sauoye; avec l'auoir eu un frère qui seruit personnellement le Duc de Sauoye, Mari de Madame', sependans qu'il vécut et en paix et en guerre où il perdit la vie, oultre qu'il seruit à Rome les ambassadeurs de Sauoie de 1611. Jusques à présent et tout ensemble et en mesme temps s'est tousiours monstre très déuot des Ministres de la France et de nostre Nation jusques à un tel signe que au commencement du Pontificat après auoir esté apellé au seruice du Palais il se trouua quelqun qui procura qu'il en fust esclus, disant qu'il estoit trop françois, et qu'il n'estoit pas conuenable de mettre auprès d'un Nepueu de Pape une personne qui fust tant intrinsèque à Nostre Nation et bien veu des ministres d'icelle; d'où il manqua peu qu'il n'en repceut quelque afront; à cause de quoy il semble que se soit une chose bien dure et peu conuenable, que une grâce ainsi bien qualifiée ne puisse subsister. Mais doiue sedder à un Abé lequel, oultrequ'il estasses honnestementpouruu par les grâces qu'il a repceùes en Piémont, mais encore ici il peut en receuoir de Sa Maiesté, à toutte heure, par le moyen de Son Eminence, tout ce que ses espérances peuvent apéter, parceque il est en un pais où les vacanses sont opulentes et infinies, pour en pouuoir estre pourueu quand il plaira à Sa Maiesté. Mais si l'on oste audit Cheualier du puis ceque si justement il lui preuient, quand et d'où a il à espérer récompense, estans les occasions de « vacanse « rares en Piémont? Et de celles-là moins, auxquelles
I. Christine de France(i6o6-i663), sœur de Louis XIII, régente depuis la mort de Victor-Amédée I", le 7 octobre 1637.
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il se trouue conioint l'utilité, avec un tiltre honnorable, comme est celuy de l'Abaie de Cavore\ estans le pontificat passé, tant outre que, de beaucoup de centinaire d'anés en çà^, l'on n'a point de mémoire d'un plus long, luy oste l'espérance d'un tel bien à venir, et si il pospose le présent, il est obligé à ainsi faire, parceque s'il méprise une grâce à luy fette, si plainne d'afection et de bonne volonté du Pape, lequel, après l'auoir honnoré, joint des paroles telles qu'il en demeure obligé plus que par le don de l'abaie. Sa Sainteté mesme pouroit auoir un juste prétexte de ne penser jamais plus à luy faire aucune grâce. Je vous assure (Monsieur) que si ledit Cheualier du puis, vostre très affectionné, estime laditte Abaye, il estime d'autans plus sa réputation, laquelle est en ce cas ici si fort engagée qui ne se peut plus dens les fets du succès de fortune. Employés vous donc, Monsieur, pour l'amour d'un si honneste homme et pour une si juste cause; prenés la protection d'un Cheualier qui toutte sa vie a esté si deuot seruiteur de Sa Maiesté et de nostre Nation. C'est bien une vérité que le plus grand obstacle qui l'empesche la jouisanse de la provision de la ditte abaie ne viene que des recommandations d'ici fettes contre luy.
S'il plaira à Monseigneur luy donner quelque aide, il conuiendra faire que les ministres auquels l'on
1. Cavore, petite ville piémontaise, l'une de celles que les Français occupèrent sous Louis XIII, à douze kilomètres de Pignerol.
2. Depuis beaucoup de siècles. — En effet, Urbain VIII (élu en 1623) régnait depuis dix-huit ans : il fallait remonter jusqu'à Innocent III pour trouver un pontificat aussi prolongé (1198-1216).
désignera d'escrire à Turin pour le seruise dudit Cheualier et recommandations de ces interês, tant pour l'abaye que pour quelque peu de stables qu'il y a, fisent apelle [à un] un sien parent qu'il a fet son procureur en laditte ville de Turin, dit il Signor Francesco Maria Borgarello, du quel on aura tousiours cognoisance par le moyen des pères Jésuites dudit lieu\ que celuy-là selon le besoin aura soin de tout ce qu'il sera nécessaire.
Par la vostre du cinquiesme Juin vous me fettes scauoir ce que Monseigneur a délibéré de faire pour l'Ageloin. Je luy escriray promptement.
Je vous remercie très affectueusement des faneurs que journellement vous me fettes, et de ce qu'il vous plaist me mettre en bonne opinion enuers Son Eminense. Je tascherai, monsieur, à ne vous pas fere tort. Je vous suplie ausi de me continuer es grâces de Monseigneur de Noyers, afin que les obligations que je vous dois n'en aye point de pareille.
Il est ariué en cette ville un jeune homme peintre que vous aués désiré voir à Rome : c'est celui qui a dépeint une chapelle en l'église du peuple, là où sont dépeints certains ornemens de grisaille dont la manière vous plut assés; il travaille fort bien à fres, comme vous en aurés veu la preuve; il m'est venu voir, et c'est offert de seruir en ce qu'il sera bon; s'il vous plaist, nous l'arrêterons pour trauailler aux ornements de la galerie; il compose, il est inuentif et
I. Cassiano del Pozzo était né dans la maison qui fait face au collège des Jésuites de Turin, en iSSg ou iScp (Lumbroso, op. cit., p. i35). — M. de Noyers était, on le sait, fort lié avec les Jésuites.
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collore compétentement bien; en somme, c'est bien nostre cas. L'on dit que Monsieur Harmen^ est par le chemin.
Je suis vostre très obligé et humble seruiteur
Le poussin.
Du Jardin des Tuilleries ce unziesme Juin
Mon beau frère^ vous fet très humble réuérense et toutte la brigate^.