Correspondance de Renouvier et Secrétan
Excusez-moi si je ne vous ai pas encore remercié de rattention dont vous avez bien voulu honorer mes idées. Ce n'est la faute ni de ma volonté ni de vos excellents articles que l'on a eu l'extrême obligeance de me faire parvenir. Ils ont excité en moi le plus vif désir de vous témoigner toute ma reconnaissance de la bonne opinion que vous avez conçue d'un inconnu et de la recommandation que vous faites de ses recherches aux lecteurs sérieux. Permettez aussi que je vous félicite sincèrement de la profonde introduction dont vous avez fait précéder votre critique.
J'ai encore le plaisir, car c'en est un, Monsieur, que de se trouver d'accord avec un esprit aussi élevé et aussi consciencieux que le vôtre, de pouvoir réclamer contre l'interprétation que vous avez donnée à mes tendances sur certains points. Les formes étriquées de ce pauvre manuel que vous dites si bien n'être qu'un essai ne m'ont pas permis de m'expliquer toujours comme je l'aurais voulu. Cependant j'ai retrouvé aisément les passages qui font foi de ma croyance philosophique à la personnalité divine et aux perfections morales du Créateur.
1. Cette lettre doit dater de 1843 et se rapporter aux articles de Secrétan dans le Semeur des 16, 23 et 30 novembre 1842, sur le Manuel de philosophie moderne, par Renouvier.
J'accepte avec empressement pour mon compte la promesse que VOUS faites à vos lecteurs d'accorder votre attention aux travaux que je prépare. J'ai autant à y gagner qu'eux et peut-être bien davantage.
Agréez encore une fois, monsieur, mes vifs remerciements et l'assurance de la considération avec laquelle j'ai l'honneur d'être
Votre très humble et très obéissant serviteur.