‹ Correspondance de Renouvier et SecrétanChapitre 3 sur 96 · III. — M. Renouvier à M. Secrétan · texte numérisé non relu

III. — M. Renouvier à M. Secrétan

Paris, 2 déc. 68.

Je vous remercie de tout mon cœur du don de vos ouvrages*. Il y a longtemps que j'ai appris à les estimer, mais je ne possédais que la Philosophie de la Liberté. Je vais lire les autres avec le même très vif intérêt, et je compte m'occuper longuement de tous, à propos de la grande question qui nous rapproche vous et moi, vis-à-vis du courant du monde, encore plus, je le crois fermement, que nous ne sommes séparés sur le point des rapports de la religion et de la raison : ce sera dans l'introduction de Y Année 'philosophique, 2^ année dont je m'occupe en ce moment. Ma lettre et mes remerciements sont bien tardifs, c'est que la lettre que M"** Coignet a bien voulu m'écrire en remettant les volumes chez moi, n'étant point arrivée par la poste, est restée sur ma table au lieu de m'aller trouver dans le midi, et je ne suis à Paris que d'hier. Aussitôt qu'auront paru deux gros volumes de Morale dont je corrige les dernières épreuves, je compte les joindre à quatre autres que j'ai publiés sous le titre d'Essais de Critique Générale et vous expédier le tout à Lausanne en retour du présent que vous me faites et que je n'aurais pas dû attendre. Vous rappelez-vous. Monsieur, avoir rendu compte autrefois dans le Semeur de mes Juvenilia de philosophie? probablement non, mais je n'ai point oublié la bienveillance avec laquelle vous accueillîtes alors un début si imparfait. Je suis resté votre débiteur depuis ce temps, au moins de ce qu'il m'est donné de produire à une époque de maturité plus grande.

Agréez l'expression cordiale de mes sentiments de sympathie et

de respect.

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