‹ Correspondance de Rubens et documents épistolaires concernant sa vie et ses œuvresChapitre 94 sur 104 · DÉCRET · texte numérisé non relu

DÉCRET

Ce que je juge être le plus convenable est que l'on n'écrive pas cette lettre à la reine-mère (i), mais que l'on dise ce qu'elle contient à Aytona pour qull le rapporte à la reine-mère en réponse à la lettre que Rubens a envoyée ici de sa part et que l'on rende compte à Mirabel de tout ceci, pour qu'il en parle seulement dans le cas où cela lui paraîtra convenir et que l'on en

16 septembre i63x.

(i) Il s'agit de la lettre de Philippe IV à Marie de Médicis dont nous avons donné la minute plus haut à la date du i3 septembre i63i (p. 444).

i6 septembre i63i. avise les ministres de Flandre. Tout cela doit aller par le Conseil d'État et non par ici et à Rubens on ne fera rien savoir d'autre sinon que Ton a reçu ses dépêches et que l'on m'a remis celles de Sa Majesté (la reine-mère). . . De mes appartements, le i6 septembre i63i. (Olivarez).

COMMENTAIRE

Les lettres de Rubens restèrent donc sans effet et le Conseil d'État décida de n'y point répondre.

Le secours demandé par la reine-mère ne lui fut point accordé. Elle n'en continua pas moins sa lutte contre Richelieu, mais sans succès. Elle s'adressa au roi Louis XIII et au Parlement pour faire tomber le tout-puissant ministre, mais celui-ci triompha de toutes les attaques dirigées contre lui. Il força le duc de Lorraine de passer le Rhin avec les troupes qu'il avait enrôlées, et celles dont disposait le duc d'Orléans étaient trop faibles pour entreprendre quelque chose d'important. Le 28 janvier i632, ce dernier rejoignit à Bruxelles sa mère et les émigrés qui s'étaient groupés autour d'eux. Là on comptait sur le duc de Bouillon qui avait promis de se rendre maître de Sedan et de leur livrer cette forteresse.

En avril i632, Rubens, fatigué de ses démarches inutiles, demanda d'être déchargé de toute intervention dans cette politique qui n'amenait aucun résultat et lui faisait perdre son temps. Sa demande lui fut accordée, ce qui n'empêcha pas le duc de Bouillon de lui dépêcher, en mai i632, un gentilhomme pour le prier d'intervenir auprès de l'Infante afin de la disposer favorablement envers les projets que le duc de Bouillon formait pour soutenir Gaston d'Orléans. Les instances de Marie de Médicis et de son fils et de leur parti eurent enfin quelque résultat. Philippe IV leur fournit les moyens de réunir une petite armée à Trêves où le duc d'Orléans se rendit le 18 mai i632. Il pénétra en France où le duc de Montmorency se joignit à lui avec quelques troupes. Mais il fut battu à Castelnaudary le i«^ septembre ; le duc de Montmorency fut blessé, fait prisonnier et décapité à Toulouse. Le 29 septembre i632, Gaston d'Orléans fit sa soumission à son frère. Deux mois après cependant, il quitta de nouveau la France et, avec sa mère, il résida de longues années encore dans les Pays-Bas espagnols. Ils firent tant qu'à la fin, en i635, la guerre éclata entre la France et l'Espagne. En 1642, Gaston d'Orléans se réconcilia avec son son frère, le 3 juillet 1642. Marie de Médicis mourut à Cologne où elle s'était retirée; le 4 décembre suivant, Richelieu et le 14 mai 1643, Louis XIII moururent. Après sa lettre écrite à l'Infante, le 11 mai i632, Rubens ne s'occupa plus des affaires de Marie de Médicis.

DCCXXII

BALTHASAR GERBIER AU ROI CHARLES I. 2octobre i63i.

(EXTRAITS) Sire.

Il y a deux jours qu'un Courier est venu de Madrid par lequel le Roy d'Espagne par Cartas Reaies a communiqué ce secret, (que les Espagnols veulent voir Mons^ asseuré d'une place forte avant que s'engager plus ouvertement, la place forte doit estre entre ces mains pendant quinze jours plus ou moins) apprès l'Infante au Marq : de St. Croix, Marq : de Aytona, le Cardinal de la Coeva, et le Chevalier Reubens lesquels ont charge de ne le communiquer à Ame vivante ny à auqu'un autre Ministre qui n'est point en ce secret.

J'ay appris que la cause pourquoy la Royne Mère a faict ce long séjour à Anvers, c'estoist (joint à la compagnie qu'elle a tenue à l'Infante) pour faire des levées de deniers sur ces joiaux qu'elle a à la fin envoyez en Holande où estant l'on luy a donné une apréhension que le Cardinal de Richelieu les pourroit faire attraper. J'en suis si bien informé que le S^ Reubens m'a monstre luy mesmes deux pièces sur lesquelles il a preste argent.

Monsieur Rubens se plaint des soudaines boutades du Secrétaire de Monsieur qui fait ces couronnels & officiers de ceux lesquels secrettement sont conjédiez, sans demander l'opinion du Marquis d'Aytonna y ayant parmy les officiers lesquels pourroyent tromper Monsieur.

Reubens m'a dict que le Marquis de la Vieu Ville envoyé secrettement pour retirer des moyens cachez qu'il a pour contribuer à l'employ de Monsieur.

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