‹ Correspondance de Soufflot avec les directeurs des bâtiments concernant la manufacture des Gobelins, 1756-1780Chapitre 111 sur 224 · Marigny a Soufflot · texte numérisé non relu

Marigny a Soufflot

Du 19 décembre 1764.

Vous me proposez, Monsieur, par votre lettre du 16 de ce (1) Voir Fenallle, op. cit., vol. II, p. 224.

mois, de faire à Monsieur de Brou (i) la remise du tiers de la valeur des deux grandes pièces de tentures des Gobelins dont il parait avoir envie. Personne assurément ne désire plus que moi d'obliger M. de Brou ; mais je ne le pourrais pas faire en cette occasion sans y être autorisé par le Roi, et je m'étonne que vous m'en fassiez la proposition, vous qui savez que si Sa Majesté a bien voulu accorder pour un temps de pareilles facilités, c'était dans des circonstances forcées où il fallait nécessairement recourir aux moyens extrêmes pour se mettre en état de procurer des secours aux manufactures royales ; mais ce serait les dégrader que de ne pas rétablir le prix de leurs ouvrages sur l'ancien pied, et comment pourraiton refuser à l'un ce qu'on aurait accordé à l'autre ? Ce qui s'est fait pour les Affaires Etrangères ne doit point servir d'exemple pour les particuliers. J'espère que sans employer des exemples aussi ruineux que ceux dont vous me parlez je parviendrai à soutenir les manufactures royales ; c'est dans cette vue que je me propose de leur fournir immédiatement après les fêtes de Noël un secours de 24 à 25 000 livres.

P.-S. — Indépendamment des raisons que je viens de vous alléguer, vous pouvez vous rappeler que lorsque le Roi voulut bien sur mes représentations diminuer d'un tiers le prix des tentures des Gobelins, Sa Majesté ne s'y détermina que sur ce qu'il y en avait beaucoup qui étaient faites depuis longtemps sans qu'on en put trouver le débouché et qu'on pouvait regarder comme un fond de magasin ; mais la diminution n'eut jamais pour objet les tentures modernes ni celles qui sont

(1) Feydeau de Brou, garde des sceaux du 15 août 1762 au 4 octobre 1763. — Au « travail » du 28 octobre 1763, S. M., sur la demande de Marigny, avait décidé qu'au bout de huit années d'exercice de chancelier ou de garde des sceaux, devait être délivrée la tenture de tapisserie des Gobelins — dite tenture de la Chancellerie — qui était, un objet de 20 à 22.000 livres.

commandées ; la faire porter sur toutes également serait un bien plus grand mal que l'abandon total de la manufacture même.

Archives Nationales, 01 1112.

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