Marigny a Soufflot
A Versailles, le 8 février 1767.
M. le Premier Président m'ayant témoigné, Monsieur, le désir qu'a M. le Vice-Chancelier d'obtenir de Sa Majesté la tenture qu'elle accorde quelquefois aux chefs de la magistrature, cette demande, avant que je la mette sous les yeux du Roi, exige quelque éclaircissement. J'ai besoin de savoir : en premier lieu, s'il y a dans la manufacture des Gobelins quelque ten-
(1) L'ordre était du 30 novembre précédent : « A M. Schouvalof les deux pièces de tenture d'après Boucher, le Lever du Soleil et le Coucher du Soleil. Et à M. le comte de Rasamowski, grand Maréchal de Russie, deux pièces de la sixième tenture d'Esther : l' Evanouissement oVEsther, le Repas d'Esther ; avec une pièce de Thésée qui combat le taureau Marathon, d'après Carie Van Loo (Arch. N. O1 1115). ( Cf. Fenaille, op. cit., vol. III, p. 136-138).
(2) Le marché ne fut pas exécuté davantage avec Mm* Geoffrin. — Voir lettre de Soufflot du 17 août 1768.
(3) L'ordre de délivrance est du 27 décembre. Ces cinq pièces faisaient partie de la tenture des Scènes d'Opéra, de Tragédie et de Comédie d'après Charles Coypel : Roxane et Atalide, Psyché et V Amour, Le sommeil de Renaud, Athalie et Joas, Rodogune (A. N. O1 1115). — Sur cette tenture, voir Fenaille, op. cit., vol. III, p. l'5-157, 183-187.
ture propre à cette destination ; en second lieu, combien de temps exige la fabrication d'une tenture semblable ; en troisième lieu, quel en est l'objet. Vous voudrez bien me faire sur ces trois questions une réponse détaillée, d'après laquelle je vous expliquerai mes intentions.
Archives Nationales, 01 2046.