‹ Correspondance de Soufflot avec les directeurs des bâtiments concernant la manufacture des Gobelins, 1756-1780Chapitre 140 sur 224 · SOUFFLOT A MARIGNY · texte numérisé non relu

SOUFFLOT A MARIGNY

Paris, le 28 mars 1767.

Monsieur,

J'ai arrêté les mémoires des ouvrages faits dans les deux manufactures l'année dernière, et par l'état que j'ai été à portée de faire de la situation des entrepreneurs et fournisseurs je vois qu'ils ont bien raison de s'en plaindre, et de me représenter l'impossibilité dans laquelle ils se trouvent de se §outenir plus longtemps, s'ils n'ont pas de secours. En effet, Monsieur, il leur est dû, y compris le premier quartier de cette année, environ cent quatre vingt mille livres, dont plus de cinquante à M. Audran, environ quarante mille à M. Meriel, et plus de quarante mille à M. Duvivier ; ils sont tous trois fort embarrassés vu des engagements contractés, et la difficulté d'y satisfaire et de payer les semaines des ouvriers, auxquels les deux autres craignent aussi de manquer s'il ne vient point de fonds. Je ne suis plus dans le cas de les aider comme je l'ai fait autrefois, parce qu'il m'est dû aussi environ trente mille livres sur les Bâtiments ; ainsi, Monsieur, je ne peux que vous donner avis de ce qui se passe. Vous aviez saisi il y a

quelques années l'idée que j'avais eu l'honneur de vous proposer de vendre à un tiers de rabais; vous m'avez fait celui dem'écrire depuis que vous ne le vouliez plus, et qu'il vaudrait mieux laisser tomber les manufactures ; il n'est pas venu d'argent pour les soutenir, comme vous espériez en avoir depuis la paix ; il n'en est pas venu des ventes, puisque nous les avons cessées; ainsi il n'est pas étonnant que nous nous trouvions dans la situation dont j'ai l'honneur de vous rendre compte ; j'ai celui de vous assurer qu'elle est très pressante, et de vous supplier de me donner vos ordres sur ce que j'aurai à faire s'il ne vient pas bientôt un secours suffisant.

Archives Nationales, O1 1547.

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