‹ Correspondance de Soufflot avec les directeurs des bâtiments concernant la manufacture des Gobelins, 1756-1780Chapitre 143 sur 224 · SOUFFLOT A MAR1GNY · texte numérisé non relu

SOUFFLOT A MAR1GNY

17 juin 1767.

Monsieur, en conséquence de la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, j'ai été tout de suite aujourd'hui aux Gobelins ; j'y ai trouvé quatre ouvriers occupés aux quatre armoiries de M. le Vice-Chancelier qui doivent se rentraire aux quatre pièces qui lui sont destinées ; on en a même fait faire deux tableaux dont un sert à deux ouvriers, afin que les quatretravaillent en même temps ; mais l'ouvrage étant rempli de petites parties il exigera plus de journées, et quelque bien remplies qu'elles soient, je ne crois pas, Monsieur, qu'on puisse livrer les pièces avant le milieu du mois prochain.

A l'égard des pièces que vous avez ordonnées pour vous, comme vous ne m'avez pas fait l'honneur de m'en parler en dernier lieu je ne connaissais pas le détail des ordres que vous aviez donnés, et, M. Cozette étant sorti, je craignais de ne pas pouvoir vous en rendre compte ; mais M. Audran qui travaille à les exécuter en partie, et M. Cozette le fils, m'ont

(1) L'ordre de délivrance est du 5 août suivant. — Le même jour, Soufflot faisait délivrer à Mme de Montmartel « une pièce représentant « Don Quichotte servi par les Dames, ancien alentour, fonds de mosaïque,

faite en 1756, ayant de cours 3 aunes et de hauteur 3 aunes 2 seize, « produit en carré 9 aunes 6 bâtons. Lesquelles à raison de 2521. l'aune, « le tiers déduit, font la somme de 2.362 1. 10 s. Et avec la pistole par « aune, accordée aux entrepreneurs et rentrayeurs, font celle de 2.456 1. « 5 s. •> (A. N. O1 1116). — Cf. Fenaille, op. cit., voi. II, p. 223-224.

fait voir les pièces el les allonges qui sont sur les métiers, et suivant l'état actuel des différents objets que j'ai examinés avec le soin que je mets toujours par autant d'empressement que de plaisir à tout ce qui vous concerne, je crois, Monsieur, pouvoir vous assurer que les quatre pièces seront en état au plus tard dans le temps que vous avez fixé que l'on m'a dit ^tre le mois de mars prochain, parce que tout ce qui est nécessaire à leur confection se fait à la fois. Il m'a paru que la mauvaise situation des entrepreneurs et fournisseurs ne fait qu'augmenter, et que MM. Audran et Mèriel sont très embarrassés pour faire face à leurs engagements ; le dernier y aurait manqué, avec bien du chagrin, si je n'avais pas pu lui procurer 4.000 livres pour la tin du mois.

Archives Nationales , O1 1554.

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