‹ Correspondance de Soufflot avec les directeurs des bâtiments concernant la manufacture des Gobelins, 1756-1780Chapitre 150 sur 224 · Soufflot a Marigny · texte numérisé non relu

Soufflot a Marigny

Paris, ce 31 janvier 1768.

, Il y a quelque temps, Monsieur, le duc de Noailles (2) demanda à MM. Mèriel et Cozette s'il n'y avait pas aux Gobelins des pièces qui pussent lui convenir pour meubler une chambre dans son hôtel à Paris, et s'il pourrait les avoir avec le rabais qu'on avait fait à plusieurs acquéreurs. Les places auxquelles il destine des tapisseries ayant été bien reconnues, il ne s'est rien trouvé qui pût mieux y aller que quatre pièces d'une tenture des Indes (3) sur lesquelles il y a cependant du trop,

(1) La soumission de Neilson est du 13 novembre 1767. D'autre part un arrêt du Conseil réglemente à nouveau l'instruction des élèves, enlevés aux ouvriers de basse-lisse pour être placés sous la direction même de Neilson. L'effet de cette soumission devait durer jusqu'en 1783, époque à laquelle l'organisation du séminaire subira des modifications. (Voir Albert Curmer, Notice sur Jacques Neilson, 1878). — Cf. une lettre de Pierre à d'Angiviller du 8 novembre 1786 : « Anciennement, le travail « des élèves de basse-lisse aux Gobelins tournait au profit de Neilson, et « les parents prétendaient devoir y participer ; depuis le l,r octobre 1783, « le travail des élèves est au profit du Roi ; le séminaire devait passer « sous la direction du surinspecteur, auquel on devait faire les fonds « nécessaires. Le retard de tous les arrangements projetés a laissé « M. Neilson dans la même position, en l'autorisant néanmoins à ré- « pondre que le séminaire ne le regardait plus. »

(2) Louis, duc de Noailles, d'abord duc d'Ayen ; duc de Noailles et gouverneur du Roussillon après la mort de son père Adrien-Maurice.

(3) Cf. un « Etat de quatre pièces des Nouvelles Indes de la manu- « facture royale des Gobelins qui peuvent servir dans le cabinet de « Mgr le duc de Noailles en son hôtel à Paris suivant les mesures que

mais qui conviennent à M. le duc de Noailles, d'après l'examen qu'il en a fait, en ôtant les bordures qui nous encadreront les pièces que Ton fera pour remplacer les rendues. J'ai l'honneur, Monsieur, de vous envoyer ci-joint l'état bien détaillé, dans le cas où cette vente vous conviendrait. M. Meriel ayant des arrangements à prendre avec M. le duc de Noailles, il vous supplierait de le prendre pour acquéreur, et il donnerait quittance de 6.3901. 48 s. 9 d. revenant au Roi, à compte sur trente à quarante mille livres qui lui sont dues pour ses fournitures, et vous le soulageriez d'autant sans rien débourser, et il serait d'autant plus en état de me rendre 4.000 1. que je lui prêtai il y a huit ou neuf mois dans une détresse où il se trouva pour le service, et que je ne serais pas fâché d'avoir.

Archives Nationales, O1 1554.

Page 1